Collecter les déchets des plaisanciers pour protéger la grande bleue
par | 21.09.09

« C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme ». Voilà un refrain que Barthélémy Dominici, PDG d’Obell International, ne renierait certainement pas. Sa société fournit en effet aux collectivités des collecteurs de déchets à destination des plaisanciers. Une solution loin d’être anodine lorsqu’on sait que la seule mer Méditerranée abriterait quelques 300 millions de tonnes de détritus dans ses eaux (source Ifremer).
« La pollution la plus médiatisée c’est la marée noire explique Barthélemy Dominici. Sans doute parce que c’est la plus visuelle avec ses images insoutenables d’oiseaux mazoutés. Mais dans les faits, la pollution des mers par les déchets est tout aussi immense ». Sorte de cylindre flottant identifié, son collecteur placé à l’entrée des ports ou dans les zones de mouillage vise donc à enrayer ce triste phénomène. Planté dans les fonds marins, la poubelle de mer Obell dispose de six compartiments pour les déchets des plaisanciers. En fonction de la fréquentation de la zone, une embarcation vient vider régulièrement la poubelle de son contenu. « L’opération se fait en deux minutes et ne nécessite pas beaucoup de moyens. Deux bras suffisent pour vider le collecteur grâce à sa porte latérale ». En moyenne chaque collecteur reçoit ainsi entre 15 et 20 tonnes par saison. Pas étonnant lorsqu’on sait qu’un bateau de cinq plaisanciers génère en moyenne près de 2 kilos de déchets par jour. Simple d’utilisation, le collecteur Obell revendique aussi une durée de vie de 50 ans et une résistance à des vents de 150 km/h. Des chiffres à vérifier au cœur de la houle. Enfin, l’Obell intègre une balise qui permet de signaler sa présence aux navigateurs. Un système qui se recharge grâce à un petit capteur photovoltaïque placé en haut de la poubelle.
Optimiser la fréquence des ramassages
Née en 1998 sous l’impulsion de jeunes corses inventifs, Obell International trouve un second souffle en 2002 lors de son rachat par son actuel PDG. « De retour d’Espagne comme ancien hôtelier, un ami m’a conseillé de jeter un œil sur cette société. Je l’ai racheté avec comme objectif de moderniser le produit en le faisant passer d’une production artisanale à une dimension industrielle ». Depuis, le produit a connu sept générations et s’est déjà diffusé à près de 200 exemplaires dont près d’une cinquantaine à l’étranger (Espagne, Grece, Caraïbes…). En France, Obell équipe de nombreuses collectivités maritimes comme Ajaccio, St Raphaël ou Cannes, mais aussi des sociétés qui, à l’instar de Suez Environnement, s’appuient sur cette poubelle des mers pour assurer leurs missions de collecte des déchets. Un marché sur lequel le système doit jouer des coudes avec d’autres solutions comme les « barques à déchets ». Alors, pour conquérir de nouveaux prospects, Barthélémy Dominici planche actuellement sur un nouveauté technique : un système vidéo qui permettrait de surveiller en temps réel l’état de remplissage des collecteurs. La première expérimentation est prochainement prévue dans les Côtes d’Armor, dès que le vent soufflera.
Obell International en bref
- Création : 1998, rachat en 2002
- Effectif : 4 salariés
- Tarif : 6500 euros par collecteur
- Equipements installés : 200
Fiche technique – Poubelle de mer Obell
Mensurations
Diamètre : 2,20 m
Hauteur de la coque : 1,85 m
Hauteur hors d’eau : 1,65 m
Hauteur hors tout : 2,65 m
Contenance : 1′250 l
Poids à vide : 200 kg
Matériau de la coque : compositeSystème d’amarrage
Attache Inox
Chaîne maillons de 14 mm
Corps mort 1′500 kg
Signalisation Balise sur batteries rechargées par cellules solairesLimites de stabilité
Vent jusqu’à 150 km/h
Courant jusqu’à 4 nœuds
Houle (crêtes-creux) jusqu’à 2 m
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Damien CIPEL | 23.09.09 à 06.56
Et pourquoi ne pas installer ce type de poubelles à la montagne sur les pistes de ski ? Le constructeur OBELL pourrait créer une autre version complètement intégrée à l’environnement “montagne”. Les skieurs jetteraient leurs déchets dans ces poubelles et non dans la nature…