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La France a-t-elle une carte à jouer ?
Oui et la liste des géants français de l’industrie et de l’énergie qui expérimentent le CSC atteste déjà du dynamisme tricolore en la matière. ArcelorMittal (projet européen Ulcos), Schlumberger ou Veolia (incinérateur de Claye-Souilly) travaillent ainsi sur des projets pilotes. Tandis qu’Alstom, EDF, GDF-Suez et Armines se sont regroupés autour du projet Pil Ansu qui vise à givrer les fumées d’une centrale charbon. De son côté, Total a lancé une ambitieuse expérimentation à Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Elle se compose d’un dispositif de combustion à l’oxygène et d’une opération de stockage dans un gisement de méthane épuisé. A noter que le savoir-faire français s’exporte aussi à l’étranger. Citons ici deux opérations internationales d’Alstom : en Norvège sur une centrale à cogénération au gaz et en Virginie occidentale (Etats-Unis) pour une chaudière au charbon (en partenariat avec American Electric Power).
Quels freins pourraient retarder le développement de ces technologies ?
Tout d’abord son coût. Le captage, le transport et le stockage du carbone nécessitent un surplus d’énergie conséquent par rapport à une production classique. Une facture à laquelle s’ajoute celle du transport du CO2 vers des sites d’enfouissement souvent très éloignés des zones de captation. Selon certaines estimations, avec l’addition de ces coûts, la tonne de CO2 enfouie pourrait se chiffrer à 60 euros, soit le double du prix des actuels quotas d’émissions. Autre difficulté : le potentiel de stockage mondial. Même en se basant sur un scénario optimiste, la capacité planétaire ne devrait pas dépasser l’équivalent de quelques décennies d’émissions. Le CSC ne pourra donc constituer qu’une solution « à la marge » dans la lutte contre le changement climatique. De l’ordre de 20% d’ici à 2030 selon l’Agence internationale de l’énergie.
Sources : Ademe, Les Echos, Actu-environnement
Stockage carbone : la polémique environnementale
Riverains ou membres d’ONG internationales, nombreux sont les écologistes qui s’opposent au développement des technologies CSC. Des opposants qui jugent tout d’abord le concept de stockage dangereux en raison des risques de fuites. Et cela, notamment dans le cas de fortes secousses sismiques. Une critique loin d’être anodine lorsqu’on sait qu’une forte exposition au gaz carbonique peut s’avérer mortelle pour l’homme. Mais la contestation porte aussi sur la finalité même du CSC. Pour les écologistes, il est en effet urgent de réduire les émissions des sites industriels plutôt que de miser sur une solution « temporaire » de captage. Ces derniers regrettant au passage que le financement public alloué aux expérimentations dans le CSC ne bénéficie pas plutôt au développement des énergies renouvelables.
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Olivier | 25.09.09 à 22.50
CSC = green washing à l’état pur.