Geogreen planche sur les futurs projets de stockage du carbone
par Baptiste Roux Dit Riche | Cleantech Republic | 30.09.09

Suite de notre série d’articles sur les technologies de captage et de stockage du carbone (CSC) avec aujourd’hui un gros plan sur Geogreen. Née en 2007 d’un actionnariat tripartite (IFP, Géostock et BRGM), cette société française propose aux industriels et énergéticiens des services d’ingénierie pour le transport mais surtout le stockage géologique du CO2. Présentation.
« En matière de stockage du CO2, les dirigeants de grands groupes ont de très loin dépassé le stade de la simple curiosité. Ils sont aujourd’hui dans une phase d’expérimentation sur une activité qui risque de s’avérer très stratégique à l’avenir » explique d’emblée Gilles Munier, Directeur général de Geogreen. Cela tombe bien, la mission de la start-up française est justement de conseiller et d’accompagner les grands comptes dans la mise en place de solutions de stockage du CO2. Avec pour premiers clients des spécialistes de l’énergie et de l’environnement (Total, Saudi Arabia Co, Veolia…) mais aussi des grands sites industriels en quête d’une stratégie de développement durable.
Sur chaque projet, Geogreen propose ses compétences en matière de présélection de sites, d’analyses réglementaires, de choix technologiques, d’étude des risques ou encore d’estimation des besoins en investissement. « A terme, nous avons la volonté d’aller jusqu’à l’exploitation mais pour l’instant nous sommes plutôt dans l’amont, les demandes concernent surtout la faisabilité. C’est encore une activité en phase de démarrage ». Sur un plan technologique, Geogreen avoue une préférence pour l’enfouissement du carbone dans des aquifères salins et dans des champs d’hydrocarbures plutôt que dans des veines de charbon. Ces dernières affichant des bilans énergétiques jugés trop lourds par les ingénieurs-maison.
Proposer une nouvelle approche
Basé à Rueil-Malmaison, Geogreen travaille encore majoritairement en France mais espère voir prochainement sa zone d’intervention s’élargir à toute l’Europe ainsi qu’au Moyen-Orient et à l’Amérique du Nord. Une stratégie de développement qui devra néanmoins prendre en compte des conditions locales d’implantation de chaque projet. Et gérer en particulier les réactions de riverains souvent inquiets des risques liés aux technologies CSC. « Il y a une réaction assez naturelle du pas dans mon jardin prévient Gilles Munier. C’est pourquoi il faut travailler sur les bénéfices qu’offrent de tels projets à l’échelle locale pour les populations, notamment en terme d’emplois »
Reste la polémique sur la pertinence de stocker le carbone plutôt que de réduire les émissions mondiales de CO2. Pas vraiment un paradoxe selon Geogreen qui voit dans le stockage du carbone un outil pour « limiter la casse » environnementale à condition de le compléter par des procédés industriels d’efficacité énergétique. Dans tous les cas, pour s’imposer, cette technologie devra d’abord impérativement réduire ses coûts à un niveau inférieur de celui des tarifs de taxation des émissions. Une équation qui dépendra en partie des prochaines décisions des gouvernants en matière de fiscalité verte. L’avenir du CSC passera donc par Copenhague en décembre. Celui de Geogreen aussi.
Crédit photo : Commission Européenne – Projet CO2SINK, Ketzin (Allemagne)
Geogreen en bref
- Création : 2007
- Implantation : 3 pôles en 2010, France, Europe de l’Est, Moyen Orient
- Effectif : une dizaine de seniors en interne – mobilisation de ressources humaines chez les trois actionnaires (IFP, Géostock et BRGM)
- Chiffre d’affaires : N.C











