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Samedi 31 juillet 2010

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Conducteur de process : un profil très convoité dans les biocarburants

Emploi | Aucune réaction

par Cécile Castellan | Cleantech Republic | 09.10.09

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Le site de production de biocarburants de Cristanol à Bazancourt (Marne).

En 2008, le secteur des biocarburants faisait déjà travailler 3200 personnes selon une étude de l’Ademe. Et ce n’est qu’un début puisque le SER (Syndicat des énergies renouvelables) prévoit 45000 emplois dans ce domaine à l’horizon 2020. Bioéthanol ou biodiesel, la forte croissance va impliquer un recrutement intensif au sein de la filière dans les prochaines années. De l’ingénierie agronome, à la chimie organique en passant par la maintenance technique, le spectre est large. Mais dans ce casting des profils recherchés, un profil gagnant se dessine déjà : celui de « conducteur de process ».

Un profil à multiples facettes

Sa mission : gérer la conduite et le contrôle de l’ensemble des installations de distillation. La tâche est critique. Prendre en charge la conduite d’un process industriel automatisé, en respectant le planning de fabrication, en assurant le fonctionnement de machines, et en régulant ses paramètres (température, débit, etc.) requiert de véritables compétences et une grande autonomie. Le conducteur de process doit être capable d’assurer également un diagnostic et d’effectuer des actions de maintenance tout en veillant à la qualité de la fabrication et au respect des règles d’hygiène et de sécurité.

L’objet de tant de convoitise ? Ce profil est une « denrée rare ». « Nous opérons de gros recrutement sur ces profils. Ce sont des postes qui ont une importance capitale. Ils conduisent l’usine dans une salle de contrôle. Et sans eux, rien ne tourne. Mais ils sont peu nombreux », confirme Mme Dachelet, du service des ressources humaines de Cristanol (filiale de Cristal Union pour la production de bioéthanol). Et si des difficultés de recrutement se font ressentir dans une usine de taille moyenne (125 personnes), on imagine sans mal le parcours du combattant qui doit s’apparenter à une véritable « chasse à l’homme », pour une entreprise comme Diester Industrie (biodiesel), qui compte plus de 2000 salariés. Fabien Kay, du Pôle Valorisation des Oléagineux de Sofiprotéol (filiale de Proléa) explique la parade de Sofiprotéol pour remédier à cette pénurie de personnel qualifié, « nous formons nous-mêmes les salariés. Nous remédions à la pénurie par la mise en place de formations spécifiques. C’est ce qui a été réalisé pour notre usine du Mériot pour laquelle notre filiale Saipol et le cabinet Alcevi ont mis en place une formation diplômante de « conducteur des appareils de l’industrie huilière, par exemple ».

Bac Pro ou DUT génie industriel parmi les formations diplômantes

Si, comme Sofiprotéol, certaines entreprises préfèrent prendre les devants, il existe déjà des formations diplômantes pour répondre à cette demande croissante : bac pro PSPA (pilotage de système de production automatisé) ; bac pro MEI (maintenance des équipements industriels) ; ou encore DUT « génie industriel et maintenance » qui formera  les étudiants  non seulement à l’organisation et à la gestion d’un service de maintenance, mais aussi à la conception, à la rénovation, à l’entretien et aux dépannages de moyens de production et d’équipements d’installations industrielles. Ces diplômes en poche, ces étudiants seront en mesure d’analyser les causes de panne des installations et de prévoir les solutions permettant d’éliminer les défauts. Même si ces formations manquent indéniablement d’une pincée de spécialisation, voilà qui semble être tout de même un bon début.

Les biocarburants ont de belles années devant eux, comme nous l’estime  Fabien Kay, « nous pensons que la deuxième génération de biocarburants (ndlr : issus de ressources telles que les résidus agricoles, les résidus forestiers, des cultures dédiées, ou encore des déchets verts) va relancer considérablement les processus d’embauches. »

Il serait donc peut être temps de revaloriser ces filières techniques, souvent mises de coté pour des cursus plus « généraux », sous peine d’enrayer la progression des biocarburants, tant sur le plan de l’activité que de la création d’emplois.

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