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La méthode vertueuse est devenue l’objet de certificateurs anxiogènes
Arrive ensuite une nouvelle série d’acteurs : l’Afnor, le CSTB et Certivea qui transforment la démarche en certification sur le modèle de l’ISO 9001. La démarche perd alors le volontarisme des premiers temps. Gilles Olive, son fondateur, quitte l’association ; la méthode vertueuse, boîte à outils commune de conception et de construction, devient l’objet de certificateurs anxiogènes. Ceux-ci sont appelés par les maîtres d’ouvrage, et constituent une véritable mise en examen des concepteurs, architectes, ingénieurs, constructeurs qui doivent faire la preuve de la prise en compte effective des questions inscrites au référentiel.
De leur côté, les services marketing récupèrent le label et tamponnent HQE à tout va comme preuve ultime de vertitude. La HQE rentre alors dans la jungle des normes, labels, certificats, référentiels et se trouve concurrencée par les autres labels : l’Anglais BREEAM, l’Américain LEED, le Suisse Minergie, l’Allemand Passivhaus… En France, le label LEED gagne du terrain : il était choisi, par exemple, pour certifier le village olympique de Paris 2012.
Au sein de l’Association HQE, la recherche et l’innovation sont remplacées par des luttes de pouvoir et de lobby, les uns défendent la santé publique, la qualité et le respect de l’environnement, les autres souhaitent continuer à vendre du béton, du polystyrène et du PVC. La démarche perd son exemplarité pour faire place à un consensus qui rapidement s’endoctrine, se fige, s’institutionnalise ; la recherche s’éteint. L’Association pense en avoir fini avec la réflexion sur la qualité environnementale et fait appliquer un dogme dont elle se dit gardienne.
Certifié HQE, le nouveau siège de Bouygues Immobilier est loin de la sobriété
La démarche HQE est-elle si parfaite ? Prenons un exemple : le célèbre architecte Christian de Portzamparc a livré, le 22 septembre dernier, le siège de Bouygues Immobilier à Issy-les-Moulineaux. Bâtiment clinquant à double peau, avec une structure de 700 écailles de verre trapézoïdale recouvrant un habillage en zinc sur des parois béton. Les stores extérieurs sont commandés par une GTB (gestion technique du bâtiment) qui gère aussi l’éclairage et la température des bureaux en fonction des conditions extérieures et des présences.
Si ce nouvel immeuble est certifié de Haute Qualité Environnementale par Certivea, il est loin de la sobriété, des économies de matière et d’énergie grise que l’on pourrait espérer d’une démarche environnementale : les emballages et les sacs plastiques ont disparu des caisses de supermarché, et ce bâtiment est enveloppé par trois façades au lieu d’une…
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berchoux | 26.10.09 à 20.22
Depuis le temps que nous disions, nous les pionniers de l’écoconstruction, que seule une DEMARCHE volontaire, sensibilisatrice et éducative permettrait de faire réellement progresser les mentalités… La censure et la contrainte devenuent le langage de l’association HQE risquent fort d’anéantir nos efforts.