Agriculture et valorisation de déchets, une double compétence attendue dans le biogaz
par | 16.10.09
Avec 775 emplois en 2007, la filière biogaz reste modeste. Tout comme les prévisions de l’Ademe, qui table sur 1300 emplois à l’horizon 2012. En effet, le marché de l’emploi lié à la valorisation du biogaz demeure encore limité, mais les nouveaux tarifs d’achat de l’électricité devraient favoriser le développement de la filière, selon le secrétariat d’Etat à l’Ecologie. Malgré un vaste choix d’ingénieurs dans les métiers de l’agriculture et de l’environnement, et d’électromécaniciens formés à la maintenance, les acteurs du biogaz semblent trépigner d’impatience en attendant la formation d’un tout autre profil. Problème : il n’existe pas encore !
Un profil à créer
« Un profil alliant des compétences dans l’agriculture et la valorisation des déchets serait très utile. La notion de La maîtrise du cycle des éléments et celle de retour de la matière organique au sol sont des notions indispensables », explique Caroline Marchais, déléguée général du Club Biogaz.
Et de rajouter : « avec le biogaz, on peut retrouver une sorte d’équilibre en méthanisant les déchets agricoles. Pour une meilleure absorption et une meilleure décomposition. Mais ça ne peut se faire sans cette double compétence ».
En effet, le monde de l’agriculture est dans l’obligation, pour une question de rendement, de faire par exemple des apports intensifs de nitrate, ce qui contamine nos eaux et nos sols. « L’agriculture est aujourd’hui à l’origine de 20 à 25% de la pollution des nappes phréatiques, indique Loïc Pélissier, ingénieur d’étude chez Methaneva. La pollution va pousser la filière à gérer ses nouvelles ressources de façon plus raisonnée. »
Au grand désespoir de la filière, malgré l’existence d’un semblant de formation, l’alliance de ces deux compétences reste désespérément inexistante. Parcours agricole à partir du CAP, ou cursus d’après bac portant sur la gestion des sous-sols (formation universitaire ou institut privée spécialisé en environnement), aucune formation n’offre pour l’heure ces deux savoirs simultanément.
Les associations professionnelles adaptent leurs formations
Une question de temps… « Le biogaz commence à faire doucement parler de lui au sein des modules développement durable, note Dominique Crinquette, directeur de l’Institut de Genech (formations aux métiers de la nature et de l’environnement, du CAP aux masters en ingénierie). Notre licence valorisation des déchets aborde un peu le sujet du biogaz. Une entreprise extérieure va même nous prêter un méthaniseur pour nous permettre de mener des expérimentations. »
Pour être formé plus spécifiquement au domaine du biogaz, sans pour autant répondre aux exigences des recruteurs, il faudra sortir de la voie académique et se tourner vers les entreprises ou les associations professionnelles. Lesquelles proposent des formations de courte durée. Celle de l’ATEE (Association Technique Energie Environnement) porte sur la méthanisation, les produits méthanisables, la valorisation énergétique du biogaz, ou encore le contrat d’achat de l’électricité produite à partir de biogaz. Celle de Salagro (Association spécialisée dans la réalisation d’écobilans et d’études sur les énergies renouvelables) a pour objectif de fournir aux acteurs du biogaz une information actualisée sur l’ensemble des problématiques concernant la méthanisation agricole en milieu rural. De son côté, Fairtec (filiale de SITA) propose un cursus qui s’adresse exclusivement au personnel des centres de traitement de déchets souhaitant se lancer dans des installations de captage du biogaz.
Certes, ces formations tendent à se rapprocher des attentes des recruteurs. Mais, pour le Graal - cette fameuse double compétence - il faudra encore s’armer d’un peu de patience…
Crédit photo : agriKomp France
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Meteo-man | 19.10.09 à 15.59
Bonjour,
1- Les profils agricoles sont déjà devenus très techniques au fil des années. On peut imaginer une bifurcation de la formation sans trop de difficulté si les expériences entreprenariales sont couronnées de succès.
2- Les projets de biométhanisationpeuvent également souffir d’intempéries. Je pense à la biométhanisation à partir d’algues vertes qui s’est révélé mortelle pour des employés…