« Difficile de savoir à quel horizon le stockage du carbone deviendra rentable »
par | 16.10.09
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Nadège Hopman - Chef de projet, Schlumberger
Dernier volet de notre dossier consacré aux technologies de captage et de stockage du carbone (CSC) avec l’entretien de Nadège Hopman, chef de projet en stockage du carbone chez Schlumberger. L’occasion de décrypter la stratégie CSC d’une multinationale venue du monde du pétrole.
Cleantech Republic : Comment le stockage du carbone est devenu crucial pour un spécialiste des services pétroliers comme Schlumberger ?
Nadège Hopman : Cela remonte en fait à plus de six ans. A l’époque notre direction a voulu développer une solution pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Le stockage, c’était notre réponse, car c’est un secteur qui est très proche de nos activités dans les hydrocarbures : mêmes études sismiques et même procédés de forage. Il nous est apparu que cette technique était non seulement bonne pour la planète mais qu’elle représentait également une vraie opportunité de business. Ce programme concerne aujourd’hui une petite centaine de personnes chez Schlumberger (montant des investissements non communiqué, ndlr).
N’est-ce pas plus efficace de réduire dès maintenant les émissions ?
Aujourd’hui, ce choix n’existe pas. On ne peut pas seulement se contenter de changer les ampoules et d’éteindre les lumières de la Défense la nuit. Pour nous, c’est l’un et l’autre. Rien n’est incompatible.
Quels sont les projets actuels de Schlumberger en matière de stockage du carbone ?
Notre activité se déroule essentiellement dans les pays où les émissions sont importantes, où les économies sont massivement basées sur le charbon. Cela veut donc dire les Etats-Unis, le Canada, la Chine, l’Australie ou encore la Pologne. En Europe, le développement de nos projets va notamment dépendre de la décision de l’Union de monter ou non des clusters spécialisés sur le CSC. Il y a encore une forte incertitude sur cette question. Plus globalement, nos projets n’en sont pour l’instant qu’au stade des études préliminaires.
Il s’agit donc toujours d’une activité « expérimentale » ?
Non, nous injectons déjà depuis plus d’une dizaine d’années du CO2 dans des réservoirs d’hydrocarbures. La différence se situe au niveau des réactions chimiques. Le principal problème du stockage du carbone réside dans le contexte dans lequel il s’opère. Il y a une attention particulière sur les risques du CSC qui nous semble parfois disproportionnée. Pour le gaz de maison, on fait venir des pipelines depuis la Russie et cela ne provoque aucune réaction. Cette inquiétude est d’ailleurs très localisée. En Australie, le stockage du carbone est bien accueilli parce que le pays ressent déjà les effets du changement climatique à travers des sécheresses ou des feux de forêts.
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irisyak | 18.10.09 à 21.36
Juste pour dire que la carbonatation avance très vite et Air liquide pense y arriver dans les toutes prochaines années.