
Pour « le Blue Earth », qui viendra orner les vitrines de Noël à la mi-décembre, Samsung a opté pour la technologie solaire, en incorporant des cellules photovoltaïques au dos de ce nouveau téléphone. Gadget diront certains, vrai démarche écologique assure-t-on dans les rangs de l’entreprise coréenne. A l’heure de la nouvelle génération du portable vert, le choix du solaire fait débat. Le bilan énergétique ne serait pas aussi vertueux qu’on ne l’imagine.
« Certaines initiatives écologiques sont bonnes. D’autres peuvent être moins heureuses, comme le solaire dans la téléphonie par exemple », affirme Bertrand Villié, responsable service client et développement durable au sein de Sony-Ericsson. En effet, la fabrication des cellules photovoltaïques nécessite une industrie lourde : la purification du silicium, matériau le plus utilisé pour la fabrication des cellules, se fait tout d’abord à très haute température dans un four, puis dans un deuxième temps, chimiquement, afin d’obtenir un silicium adapté à l’électronique qui se présentera sous forme liquide. Et enfin, il sera enrichi en dopants pour le transformer en semi-conducteur.
L’énergie grise consommée ne favorise pas le bilan énergétique global
L’énergie grise consommée par la fabrication des capteurs solaires fait grimper en flèche leur bilan énergétique. Ainsi les atouts environnementaux et l’impact positif d’un appareil comme le Blue Earth deviennent plus mesurés, comme l’explique Bertrand Villié, « les laboratoires Sony-Ericsson se sont penchés sur la question du solaire, mais à ce jour, l’énergie consommée pour la fabrication des cellules est bien plus importante que les économies promises. Il est impossible, à la fin du cycle de vie du téléphone, d’en conclure un impact positif. En voulant bien faire, on peut parfois obtenir l’effet inverse ». En effet, une cellule photovoltaïque doit environ fonctionner quatre ans pour produire l’énergie qui a été nécessaire à sa production.
De plus, le téléphone solaire restant un téléphone, on le range soigneusement au fond de sa poche quand on ne l’utilise pas pour passer une communication, ce qui diminue, de fait, sa capacité de recharge naturelle. Et enfin, la fréquence de renouvellement d’un téléphone (selon une étude TNS SOFRES 2007, les Français renouvellent en moyenne leur téléphone tous les 20 mois), chez les consommateurs frénétiques, ne permettra pas au Blue Earth d’aller au bout du processus de rendement. Pour toutes ces raisons, Sony Ericsson avait abandonné l’idée du téléphone solaire. Pour son terminal Naite, le fabricant a préféré se concentrer sur l’aspect recyclable de ses coques, son packaging allégé, son chargeur basse consommation ou sa notice électronique, installée de facto dans la mémoire du téléphone.
Chez Samsung, l’interrogation reste entière, puisqu’ils affirment ne pas avoir de données chiffrées sur ce sujet épineux, et s’attachent plutôt à vanter les autres aspects écologiques du Blue Earth, comme le « mode éco », qui réduit la luminosité de l’écran et la durée du retro-éclairage, le chargeur peu gourmand en énergie, l’emballage ultra-léger, sa coque en plastique recyclé et le podomètre intégré qui calcule le nombre de nos pas et la quantité de CO2 économisée.
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Olivier | 25.11.09 à 04.19
Le temps de retour énergétique du solaire photovoltaïque est en moyenne inférieur à deux ans pour les installations domestiques.
Les panneaux de téléphones portables sont très petits : il faut plusieurs heures d’exposition pour recharger la batterie, on se rapproche donc des conditions d’utilisation des panneaux alimentant des bâtiments.
Bilan : il s’agit d’une solution écologique.