« Nos formations sur les bâtiments basse consommation suscitent un fort intérêt »
par | 08.12.09
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« Il faudra rénover 450 000 logements anciens par an jusqu’en 2050 »
Lancé en juin 2009, l’Institut négaWatt a dispensé une session de formation dans le cadre du récent salon Bâtir Ecologique qui s’est tenu du 27 au 29 novembre à Paris à la Grande Halle de la Villette. L’occasion de revenir sur la vocation de ce jeune Institut, de présenter ses ambitions et ses objectifs. Entretien avec Vincent Legrand, Directeur de l’Institut négaWatt.
Cleantech Republic : L’Institut négaWatt, né il y a seulement quelques mois, s’inscrit en droite ligne des travaux de l’association éponyme. Pourriez-vous nous rappeler la genèse de l’association négaWatt ?
Vincent Legrand : L’association Négawatt a été créée officiellement en 2001 par des acteurs du domaine de l’énergie. Nous entendions déjà parler de « maîtrise de l’énergie », mais rien n’était quantifié. Nous avons alors travaillé sur « le scénario négaWatt ». Nous avons ainsi déterminé jusqu’en 2050 quelles étaient, en termes de consommation d’énergie, les différentes phases à passer pour aboutir à une réelle maitrise.
Notre scénario a pris aujourd’hui une allure officielle et nous sommes maintenant 400 membres au sein de l’association. Nous nous mobilisons pour faire parler de notre vision, auprès des institutions et du grand public. Nous avons à ce titre participé activement au Grenelle, en proposant nos idées sur la problématique des performances énergétiques dans le bâtiment, ou bien sur le bonus-malus pour l’automobile, par exemple.
Comment l’Institut négaWatt est-il né ?
L’initiative vient directement de notre association. Pour atteindre les objectifs fixés par le scenario négaWatt, il semblait évident qu’après la prise de conscience collective, il fallait passer à une phase opérationnelle en développant les compétences. Nous avons alors mis l’accent sur la formation en créant l’Institut en juin. Nous avons ouvert les premières sessions de formation sur les trois derniers mois de l’année 2009.
Comment financez-vous l’Institut ?
Contrairement à l’association négaWatt, qui ne regroupe que des acteurs bénévoles, l’Institut emploie du personnel salarié, que nous rémunérons grâce aux formations. C’est une SARL, dont l’actionnaire unique est l’association. En revanche, comme pour l’association, l’Institut ne reçoit aucune aide financière publique.
Un gage d’indépendance ?
Oui. Nous souhaitions dès le départ être indépendant, car à l’époque la prospective énergétique était un monopole de l’Etat (ministère de l’Industrie). Nous ne voulions mettre personne dans l’embarras quant à nos divergences de vues sur le nucléaire, par exemple. Puisque selon le scenario négaWatt, nous devons arrêter le nucléaire en 2040, à la fin du cycle de vie des centrales.
Comment avez-vous choisi les thèmes de vos formations ?
De notre scénario est né un constat : la maîtrise de la consommation constitue le premier levier d’une réduction des émissions de CO2. Evidemment, beaucoup de secteurs sont et seront impactés : l’agriculture, les transports, le bâtiment… Mais le bâtiment est celui que l’on peut faire évoluer le plus rapidement. C’est pourquoi, des prescripteurs du secteur ont participé à l’élaboration de ces formations, qui portent, pour l’instant, sur la problématique du bâtiment.
Quelles sont, pour l’heure, les formations qui rencontrent le plus de succès ?
Très clairement les formations sur les bâtiments « basse consommation », sur les techniques et les coûts. Nous en proposons une pour la réhabilitation qui dure une journée, et une autre sur le thème de la conception, sur trois jours. En revanche, nous n’avons pas encore de formations pour les artisans ou les installateurs. Mais cela viendra dans un deuxième temps, car il y a encore beaucoup de travail, en termes d’isolation, de ventilation ou de pompes à chaleur efficaces.
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