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Nicolas Vermersch - Directeur Général, Michael Page
Les salariés du green business gagnent-ils plus que leurs homologues des secteurs « traditionnels » ? C’est la question que s’est posé cet automne le cabinet de conseil en recrutement Michael Page. Dans une récente étude, la première sur ce thème, le spécialiste des cadres revient sur les niveaux de rémunération dans les différents emplois « verts ». Analyse des résultats en compagnie de Nicolas Vermersch, Directeur Général de Michael Page.
Cleantech Republic : Par rapport à la rémunération moyenne des cadres en France, comment peut-on situer celle des emplois « verts » ?
Nicolas Vermersch : Si nous comparons, en partant d’un profil égal, doté d’une véritable expérience et d’une spécialisation, on peut escompter une différence significative : 10 % de prime pour les salariés du green business.
Quelles sont les raisons qui expliquent cette tendance ?
C’est un ensemble. Le secteur connait un fort développement grâce à la politique gouvernementale et à sa médiatisation. Ajoutons la prise de conscience collective qui pousse entreprises et consommateurs vers les cleantech. Voilà pourquoi les métiers verts prennent une place très importante aujourd’hui.
Y a-t-il des secteurs plus en avance que d’autres ?
Le secteur green qui a le vent en poupe et qui draine le plus grand nombre d’offres d’emplois, c’est celui des énergies renouvelables. De plus, les salaires y sont supérieurs. En revanche, celui des déchets, secteur plus ancien et moins à la mode, n’a pas connu d’augmentations, il est tout simplement resté stable.
Les rémunérations vont-elles garder une longueur d’avance dans les prochaines années ?
Ce sont les grands groupes qui, grâce à leurs moyens financiers, ont été les premiers à investir dans le développement durable. Et pendant ce temps, les PME avaient tendance à prendre cet engouement pour un effet de mode. Aujourd’hui, toutes les entreprises font du développement durable. Et ce ne sont plus des spécialités confidentielles. Les emplois verts concernent désormais l’ensemble des fonctions de l’entreprise : de l’administratif aux achats en passant par le marketing. Au même titre que le cadre qui doit savoir parler anglais pour évoluer, l’entreprise qui n’a pas cet atout green en main aura bien plus de difficultés que les autres. Le développement durable devient incontournable et va poursuivre son ascension.
Les candidatures qui passent entre vos mains, sont-elles à la hauteur des attentes des recruteurs en termes de formations ?
Tout dépend du secteur d’activité, mais quoiqu’il arrive, un « chef de projet développement durable » reste avant tout un ingénieur. Il doit d’abord détenir les compétences techniques d’un ingénieur. Ce n’est pas une formation spécifique « développement durable » qui le rendra meilleur dans son domaine. Nous nous méfions des formations « tarte à la crème » qui enrobent leur médiocrité avec une spécialité. Un bon ingénieur sera un bon chef de projet développement durable, avec ou sans spécialisation verte.
Quel sera à l’avenir le secteur vert le plus porteur pour l’emploi et la rémunération ?
Les énergies renouvelables restent le sujet de fond. Ce n’est que le début de leur avènement. Le secteur va exploser.
Etude de fonctions & rémunérations - Emplois Verts
Trois métiers à la loupe
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