Une usine limousine de papier quasi autonome en énergie
Bonnes pratiques | 3 réactions
par | 05.01.10

Géant mondial du marché du papier, International Paper souhaite devenir un acteur incontournable de la papeterie écologique. Une politique qui passe notamment par la France. Dans son usine de Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne), le groupe essaye ainsi de faire rimer démarche environnementale avec productivité, en optimisant la gestion des ressources naturelles et en visant l’autosuffisance énergétique.
Une gestion durable des ressources
Pour relever son challenge vert, International Paper a d’abord opté pour une approche plus durable de ses approvisionnements en bois. « Nous sommes une des rares sociétés à ne pas importer le bois explique David Fulchiron, directeur marketing d’ International Paper en Europe. La moyenne de notre périmètre d’approvisionnement était de 150 km en 2008. En le réduisant encore, nous sommes arrivés à une moyenne de 126 km en 2009 ». Au-delà de sa provenance, le bois est également sélectionné selon sa vocation initiale. Soucieux de ne pas piller le patrimoine forestier, International Paper fabrique en effet une pâte à papier composée de 50% de bois d’éclaircie (qui n’aurait pas servi à la fabrication de meubles), de 25% de déchets de scierie et de 25% de branches d’arbres adultes. Seul point noir mais de taille : l’usine de Saillat ne produit pas de papier recyclé.
Une autosuffisance énergétique de 85 %
Autre axe de la stratégie écologique d’International Paper : l’amélioration de l’efficacité énergétique de ses procédés. Une réflexion qui a notamment conduit en Haute-Vienne au développement d’un procédé de valorisation des déchets. Au cours du processus de fabrication, International Paper recycle toute la partie des fibres de bois non-utilisées pour en extraire une liqueur noire. Celle-ci joue par la suite un rôle de combustible afin d’assurer la production électrique de l’usine. Grâce à cette innovation, le site de Saillat revendique une autosuffisance en énergie de 85 % et exporte désormais son savoir-faire à l’étranger. La fameuse liqueur noire fait en effet désormais intégralement partie des process de fabrication d’International Paper dans toute la zone Europe.
122 kg de CO² par tonne de papier
A cette performance productive s’ajoutent la réduction de 78 % des émissions de l’usine française depuis 1970 et la très bonne notation du site de Saillat-sur-Vienne par le Paper Profile. Selon cet indicateur environnemental des industries papetières, l’unité limousine serait ainsi l’une des usines les plus « vertes » au monde avec seulement 122 kg de CO² par tonne de papier fabriqué contre 400 kg de CO² en moyenne dans la filière. A terme, la politique d’International Paper se veut encore et toujours à la réduction notamment en optimisant le transport des matières.
Vos papiers s’il vous plaît !
Reste à savoir si la démarche écologique d’International Paper assurera le succès commercial de ses produits. C’est en tout cas l’espoir de David Fulchiron, « Nous avons décidé d’aller au-delà des contraintes imposées, nous en assumons aujourd’hui les coûts. Mais il faut savoir qu’à l’avenir, les papetiers qui ne pourront pas démontrer l’origine du bois, auront du mal à vendre leurs produits ». Les nouveaux appels d’offres de l’administration demandent d’ailleurs désormais une certification forestière à leurs fournisseurs de papier. Il semblerait que ce ne soit qu’un début.
L’usine de Saillat en bref
- Effectif : 650 personnes
- Production : 250 000 tonnes de papier par an
- Chiffre d’affaire International Paper en Europe : 1,7 millions d’euros
- Certifications : ISO 9001, ISO 14001, écolabel, PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification). A noter qu’International Paper est le seul fabricant à détenir la double certification écolabel-PEFC.














mbp | 5.01.10 à 22.39
heureusement que la liqueur noire est recyclée en combustible…
C’est vrai depuis la nuit des temps dans une usine de pâte à papier