L’assainissement individuel des eaux usées par filtre planté : une approche séduisante
par | 15.01.10
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500 installations en France à ce jour
En France, les premières demandes provenant de particuliers sont apparues au début des années 2000. « Les chiffres étaient d’abord dérisoires, avec quelques cas seulement. Ils atteignaient une petite centaine en 2003 », indique Edwige Le Douarin. Pour répondre aux demandes de ces particuliers, cette diplômée en toxicologie de l’environnement crée alors un bureau d’études en Bretagne. L’expérience est positive, les services publics l’encouragent tout en rassurant les particuliers sur les mérites de la filière.
Un effet boule de neige s’ensuit : en 2006, l’activité occupait Edwige Le Douarin à plein temps. Dès l’année suivante, elle fonde avec Martin Werckmann, qui bénéficie d’une expérience dans le domaine de la phytoépuration collective, la société Aquatiris pour étendre les services d’étude à d’autres régions. Aujourd’hui, environ un millier d’études a été réalisé, et la moitié a pour le moment abouti à une installation.
24 mètres carrés de filtre planté pour une maison individuelle
Les filtres plantés conviennent à la plupart des habitations. Alors que les installations de phytoépuration collectives requièrent une surface utile de 2 mètres carrés par équivalent habitant, les filtres individuels nécessitent le double, car ils doivent s’accommoder de plus grandes variations de débit d’arrivée des eaux usées. Il n’y a pas l’effet de lissage procuré par le collectif. Pour une maison avec un maximum de six habitants, il faut ainsi prévoir une surface d’environ 24 mètres carrés.
Un pare-terre de plantes rustiques
Dans le sol des filtres plantés, des bactéries effectuent un traitement biologique. Les plantes ne servent qu’à fournir un habitat propice à ces colonies de bactéries. Le filtre est composé de deux parties. La première est plantée exclusivement de roseaux, la seconde de plantes des marais qui fleurissent, essentiellement des iris et des salicaires - que l’on rencontre souvent dans les fossés des campagnes – ou encore de la menthe.
Le premier filtre réalise le dégrillage, en retenant les grosses particules à sa surface, étape rendue indispensable par la présence de toilettes à eau. Ces éléments solides vont se transformer en compost (la matière ainsi accumulée à la surface du filtre devra être raclée tous les quatre à cinq ans). Le second filtre réalise un assainissement plus lent et plus fin. Ainsi, les eaux usées arrivent brutes, telles qu’elles sortent des maisons, sans aucun traitement préalable. « C’est la seule filière qui fonctionne ainsi », note Edwige Le Douarin.
Pas de craintes de souffrir d’éventuelles cohortes de moustiques, car il n’y a pas d’eau à la surface du filtre, comme dans le cas d’assainissement par lagunage planté – dans ce cas, le filtre n’est autre qu’une sorte de marécage. Là, le sol des filtres plantés est rempli de granulats, et l’eau circule sous les granulats. En sortie de filtre, si le sol n’absorbe pas assez l’eau, comme cela sera le cas en terrain très argileux par exemple, elle sera rejetée au fossé. « C’est le cas de 90% des filières proposées en Ille et Villaine », note Edwige Le Douarin.
Le jardinage comme seul entretien
L’entretien de la filière plantée relève du jardinage classique : désherber de temps en temps pour que l’espace disponible soit envahi par les plantes idoines (qui sont des plantes à rhizome), arroser en été, et éventuellement couper les tiges séchées (pour des raisons esthétiques, car les laisser n’est pas gênant). L’hiver, la plante fanée est en pause, mais seule la partie aérienne est en repos : les racines continuent d’assurer le support des bactéries, qui ne connaissent pas de baisse d’activité mesurable. On peut donc même envisager ce type de filière pour une résidence secondaire occupée en été.
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Elsa | 18.01.10 à 16.35
Vraiment intéressant ce concept ! Merci pour le plan !