
Alternative à l’antique conserve en acier, le système Tetra Recart peine à s’implanter sur le marché français des légumes secs. Selon ses concepteurs, cet emballage en carton générerait 50 % d’émissions de CO2 en moins que les produits actuels. Explications.
Quand Pierre Durand brevette un procédé de conserves en acier pour stocker les aliments, nous sommes en 1810. Napoléon vient d’annexer le royaume de Hollande et Frédéric Chopin pousse à peine ses premiers cris. Si les deux derniers cités ont depuis été relayés au rayon des livres d’histoire, les petites boites cylindriques peuplent toujours les linéaires de nos magasins. Pourtant, depuis 2003, Tetra Pak propose un emballage carton dont les qualités de conservation seraient identiques aux conserves classiques. « Sur l’intégralité du cycle de vie du produit, une boite acier représente environ 50 % d’émission de CO2 en plus que le Tetra Recart, explique Cédric Renard, responsable diversification et innovation chez Tetra Pak. Pour un bocal en verre, l’écart passe de 1 à 3 avec 291 % d’émissions supplémentaires. »
Pour arriver à ce résultat, le fabricant a dû plancher sur un emballage capable de contenir des produits en morceaux et résistant à une stérilisation après conditionnement. Des contraintes majeures pour Tetra Pak dont les fameuses briques (jus d’orange, eau…) sont d’habitude livrées en bobines aux industriels. « Ce n’était pas possible pour ce produit, car cela aurait pu entrainer des coupures des légumes lors de la soudure ». Dès lors, les concepteurs ont opté pour une livraison sous forme d’étui. Une fois rempli de petits pois, d’haricots verts ou d’une sauce tomate, le Tetra Recart est fermé puis stérilisé à 130°. « Il n’y a aucune dégradation de l’emballage. La péremption du produit est au minimum de 2-3 ans, c’est bien plus que pour un emballage de jus de fruit. »
La référence en Italie, une niche en France
Si Tetra Pak a relevé son challenge technique, le défi commercial semble pour autant loin d’être gagné. En Italie, l’emballage a d’abord séduit les marques de pet-food (aliments pour animaux) avant de conquérir le reste du marché. Dans l’Hexagone, le démarrage est plus timide. « Aujourd’hui, le Tetra Recart concerne une centaine de marques italiennes. Là-bas, notre emballage est utilisé pour le cœur de marché, c’est-à-dire les légumes secs. En France, les industriels l’ont choisi uniquement pour des produits valorisés comme les recettes à base de légumes ou les sauces », constate Cédric Renard. Crainte du flop ? Peur de déboussoler les consommateurs ? Difficile de comprendre pourquoi l’emballage écolo n’as pas encore traversé les Alpes. La direction marketing de Bonduelle, principal client du Tetra Recart en Europe, n’a ainsi pas souhaité répondre à nos questions. Même mutisme chez le distributeur Carrefour. Seul François Cathalifaud, responsable Relations presse du groupe Auchan précise que son enseigne a « testé ce système il y a quelques années mais [que] l’expérience n’a pas été couronnée de succès. Nous n’avons donc pas creusé ».
L’autre handicap de Tetra Recart pourrait être son coût. En comparaison avec des lignes de conditionnement en conserves amorties depuis de nombreuses années, le système de Tetra Pak représente un investissement considérable pour un industriel. « Cela dit, en Italie, nos clients sont désormais capables de produire au même prix qu’une conserve. De toute façon, le produit n’existerait pas sans cette compétitivité. » Et Cédric Renard d’énumérer les économies logistiques induites par l’usage d’éco-cartons parallélépipédiques par rapport à des boites arrondies. « Nous avons la conviction que ce produit a un gros potentiel commercial en France. Il y a une attention forte de la grande distribution sur l’emballage environnemental. Or, le Tetra Recart possède trois arguments : son pouvoir différenciant, sa recyclabilité et sa fabrication en carton certifié FSC ». Plusieurs distributeurs et industriels français seraient ainsi en contact avec Tetra Pak en vue d’adopter prochainement la « conserve en carton ». Pour des lancements en 2010 ? « C’est encore trop tôt pour le dire », tempère Cédric Renard. Deux siècles après sa naissance, la conserve de papy continue de faire de la résistance.

Gamme Tetra Recart - Heinz (France)
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Manu44 | 16.02.10 à 23.06
Autre avantage si je ne me trompe pas c’est que l’on en met beaucoup plus sur une palette car la forme n’a pas de perte. Donc on en met plus par camion donc le cout énergétique du transport est moindre aussi.