Bois-énergie : Bioval Environnement veut devenir un intermédiaire de référence
par | 24.02.10

Pionnier français de la filière biomasse-énergie, Bioval Environnement a annoncé début février une levée de fonds de deux millions d’euros. La start-up souhaite devenir d’ici trois ans le leader français de la production de biocombustible.
« C’est un peu rageant de constater que les ressources et les biens sont là mais que la filière n’est pas encore en place. La France a pris du retard dans la biomasse et je veux contribuer à le rattraper ». Voilà la concurrence prévenue, Claude Bidault n’a ni la langue dans sa poche, ni la modestie des jeunes premiers. Après 22 ans passés chez Veolia, cet ingénieur agronome de formation se passionne pour les énergies renouvelables et se lance en 2009 dans l’aventure de l’entreprenariat. Sans trop hésiter sur son lieu d’implantation. « J’ai basé Bioval en Bourgogne car j’avais envie de travailler à proximité de ma famille. En plus, la région dispose d’un massif forestier très riche. »
Positionné sur la production de biocombustible, Bioval Environnement alimente les chaufferies de bâtiments collectifs et industriels. En attendant l’ouverture des premières centrales françaises de cogénération d’ici trois ans. « Jusqu’à présent, il n’y avait pas de sociétés qui faisaient le lien entre l’approvisionnement en biomasse chez les exploitants forestiers et la fourniture des chaufferies ». La start-up bourguignone récupère donc des résidus d’arbres - comme les parties supérieures ou les souches - pour les transformer en plaquettes forestières livrées aux clients. « Pour produire un biocombustible homogène, il faut aller chercher le bois, le stocker, le préparer, le sécher et le mixer. Certains exploitants vendent directement leurs résidus, mais les biocombustibles ne sont pas toujours de bonne qualité et la quantité parfois insuffisante ».
Garantir l’approvisionnement en bois
Pour garantir les besoins de ses clients - 15 à 20 000 tonnes de bois par an pour une grosse chaudière, 160 à 200 000 tonnes pour une centrale à cogénération - Bioval Environnement a déjà signé des accords d’approvisionnement avec 49 exploitants forestiers. De quoi assurer un volume de 500 000 tonnes de biomasse par an. « Nous récupérons également des produits connexes comme l’écorce ou les planches au rebus. Notre troisième source d’approvisionnement, c’est la biomasse bois issue du domaine agricole. Il s’agit de cultures dédiées à la valorisation énergétique sur des terres peu fertiles », explique Claude Bidault. A noter que cette collecte se déroule sur un périmètre régional : 150 kilomètres de distance maximale entre les sources d’approvisionnement et l’usine, même intervalle pour l’espacement clientèle-usine.
Après avoir livré ses premiers clients cet hiver, Bioval Environnement a officialisé le 9 février une montée en fonds propres de deux millions d’euros auprès d’Amundi Private Equity Fund. Assez pour affronter l’avenir avec optimisme. « Des concurrents je vais en avoir, c’est sûr. Mais je veux être leader d’ici trois ans en France avec 20 % du marché français. » Pour arriver à ses fins, Claude Bidault souhaite étendre son concept au-delà de sa Bourgogne chérie. D’abord à l’ensemble du Nord-Est, puis au Centre, à la région Rhone-Alpes et à l’Aquitaine avant peut-être la Belgique ou l’Espagne. Une feuille de route ambitieuse qui devra mettre l’accent sur la logistique « verte » pour ne pas alourdir l’impact carbone du biocombustible bourguignon. La future plate-forme industrielle trimodale (alliant le routier, le ferroviaire et le fluvial) de Bioval Environnement devrait ainsi être une première réponse. Son ouverture est prévue en 2012.
Trois questions à…
Florian Thomann, Investment Manager, AmundiCleantech Republic : Quels éléments vous ont séduit dans le projet de Bioval Environnement ?
Florian Thomann : A l’origine, Bioval était un projet assez ambitieux de construction de centrales de cogénération. Finalement, nous avons travaillé ensemble pour recentrer la société sur la fourniture de biocombustible. C’était un gros challenge car début 2009 il n’y avait pas eu d’annonces sur des tarifs de rachat de l’électricité produite à partir de biomasse (Lire la brève du 13 janvier 2010). Bioval a pris de l’avance en faisant le pari qu’on parlerait bientôt autant de biomasse que d’éolien ou de photovoltaïque.
Aujourd’hui, la filière bois semble encore confidentielle…
Oui, mais il y a une vraie volonté de promouvoir cette filière. Avec les appels d’offres pour les centrales de cogénération, le secteur va exploser. C’est peut-être moins spectaculaire que les autres énergies renouvelables, mais c’est une activité déjà très importante dans des pays limitrophes comme l’Allemagne ou l’Italie. De plus, on commence aussi à avoir des projets autour du bois dans l’éco-construction.
Suivez-vous d’autres dossiers dans les cleantech ?
L’une des dernières levées de fonds que l’on vient de réaliser c’est Claranor. C’est une start-up qui est spécialisée dans la décontamination de packagings avec de la lumière pulsée. Cela permet d’éliminer « proprement » les micro-organismes. Son innovation a déjà été vendue à des grands groupes comme Nestlé Waters. Dans le domaine des cleantech, je m’intéresse également beaucoup à l’eau. Je citerais donc également la start-up Akaeno qui propose un traitement biologique des effluents industriels.
Bioval Environnement en bref
- Création : février 2009
- Siège Social : Quetigny (21)
- Effectif : 15 personnes
- Objectifs Chiffre d’affaires
2010 : entre 1 million et 1,5 million d’euros
2011 : 10 millions d’euros
2013 - 2014 : 50 millions d’euros- Prix d’une tonne de biocombustible : entre 55 et 60 euros
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Trois questions à…














VIOT | 19.03.10 à 15.10
Monsieur Bidault Bonjour, Je me permets de vous contacter car j\\’étudie actuellement un projet de création d\\’entreprise dans le domaine du DD. Mais votre concept m\\’a interpellé. Avant toute chose, je souhaiterai connaître votre politique de développement (franchise, agence, revendeur, location de marque…) sur le plan national et international. J\\’ai pu lire sur Internet, que vous désiriez vous étendre sur toute la France notamment en Aquitaine et à l\\’étranger. Pensez-vous qu\\’il soit envisageable de monter un projet à deux ? Je pourrai alors promouvoir votre concept sur ma région tout en étant à mon compte. J\\’ai quelques contacts dont mon voisin qui est le PDG d\\’une importante scierie. J\\’ai 29 ans, plusieurs idées en tête, passionné par l\\’entreprenariat. J\\’ai un bac+4 en commerce, travaillé en BtoB et BtoC, j\\’ai géré une entreprise pendant deux ans. Je souhaite avant tout réaliser une formation dans le BTP et les énergies renouvelables(solaire, éolienne, biomasse…) afin d\\’acquérir de solides compétences. Je reste à votre disposition et vous remercie par avance, Très cordialement. J. VIOT