Trendeo évalue la création d’emplois verts dans les régions françaises en 2009
par | 01.03.10
« L’objectif de 600 000 emplois verts en 2020 n’est pas irréaliste au regard des premières données disponibles. » Cet optimisme est signé David Cousquer. Il est calculé. Les premières données disponibles, qu’évoque le gérant de Trendeo, sont celles tirées de l’observatoire de l’investissement créé en 2009 par cette jeune société de veille et d’analyse de l’information sur internet.
Début novembre dernier, Trendeo avait publié une note de synthèse axée sur le volet des emplois verts. A fin octobre, cette filière avait créé 4 535 emplois nets. Trendeo a accepté pour Cleantech Republic d’actualiser ces données pour l’ensemble de l’année 2009. Laquelle aura, au final, enregistré un total de 5 982 emplois nets verts créés.
« La répartition géographique des emplois créés est atypique », signale David Cousquer dans sa note de synthèse. Les régions méridionales arrivent en bonne position, l’Aquitaine décrochant la palme avec 1300 emplois verts créés en 2009. Toutefois, la faiblesse de ces chiffres ne doit pas conduire à des conclusions trop arrêtées, de l’avis même de Trendeo.
Pour parvenir à ces estimations, la société de veille fait appel à une méthodologie originale : elle scrute plus de 3 000 sources d’information sur internet, et recense ainsi les annonces d’investissements et de désinvestissements sur le sol français. Aussi insolite soit-elle, la méthode n’en est pas moins valable. Un article de Cleantech Republic, paru en avril 2009 sur la mesure de l’éco-innovation, indiquait que des chercheurs de l’Université des Nations Unies, travaillant pour le compte de l’honorable OCDE, concluaient qu’une solution pour évaluer la diffusion des éco-innovations d’un point de vue statistique consisterait à inspecter sur internet les annonces de sortie de produits éco-innovants.
Le solaire vaut pour 40% des créations d’emplois verts
En 2009, la méthode retenue par Trendeo a permis de recenser 4 836 opérations : 2 340 investissements correspondant à 151 410 emplois créés, et 2 496 désinvestissements correspondant à 273 473 emplois supprimés. Parmi ces projets, certains appartiennent à la filière verte : tous les projets liés aux énergies renouvelables principalement, aux biomatériaux, aux économies d’énergie, ainsi qu’au recyclage et à la valorisation des déchets. Trendeo note que plus de 40% du total des emplois créés proviennent de la filière solaire, tandis que 40% des emplois perdus depuis début 2009 proviennent de sites de retraitement qui doivent fermer faute d’autorisation ou d’acceptation par les riverains.
Selon la note de synthèse, « si la filière des emplois verts constituait un secteur INSEE, cela la placerait au deuxième rang des créations nettes d’emplois – derrière le commerce de détail et devant la restauration et les centres d’appel. Sur une période où, globalement, l’économie française a perdu des emplois, les 6 000 emplois nets gagnés représentent donc une performance appréciable. On peut noter également que 40% des emplois créés le sont dans des activités industrielles, alors que, pour l’ensemble des données collectées par l’observatoire de l’investissement en 2009, les emplois industriels ne représentent que 20% du total. » Un point à souligner à l’heure où l’accélération de la désindustrialisation de la France inquiète…
L’Aquitaine, première région créatrice d’emplois verts
Source : Trendeo/Observatoire de l’investissement.
La méthodologie retenue pour l’observatoire de l’investissement
(Source : Trendeo)
L’observatoire de l’investissement est une base de données en ligne créée et commercialisée par Trendeo. Les fonctionnalités de l’observatoire en font un instrument de veille stratégique, commerciale et territoriale à destination des entreprises et des collectivités.
Trendeo, société de veille et d’analyse de l’information sur Internet, a ouvert au public et à ses abonnés, en juin dernier, un observatoire de l’investissement en France. La plate-forme recense au jour le jour les investissements et désinvestissements des entreprises et des administrations sur tout le territoire métropolitain. Ces opérations sont repérées par une veille sur près de 3 000 sources françaises, et enregistrées dès l’annonce d’investissements ou des désinvestissements se traduisant par des embauches ou des licenciements.
Les annonces recensées sont toutes validées par recoupement de plusieurs sources d’informations. Dans certains cas, des éléments de décision manquent (incertitude sur le lieu d’une annonce, sur la date des opérations, sur le nombre d’emplois concernés, annonce syndicale non confirmée par la direction, décision judiciaire attendue…) Les annonces sont alors classifiées comme « piste de projet » pour les investissements, et comme « menaces » pour les désinvestissements. Dans les calculs relatifs aux emplois « verts », un projet de création pour un nombre important d’emplois n’a pas été comptabilisé, faute de confirmation par plusieurs sources.
L’observatoire a pour vocation de recenser l’ensemble des investissements et désinvestissements annoncés en France métropolitaine (les annonces outre mer seront incluses à partir de janvier 2010). Malgré tout le soin apporté au travail de collecte d’information, l’observatoire ne peut être exhaustif et certaines informations peuvent, inévitablement, s’avérer partielles ou incomplètes. Dès que des modifications sur une annonce antérieure sont portées à notre connaissance, nous les intégrons dans nos données.
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