Décontaminer les emballages de l’agroalimentaire par lumière pulsée
Efficacité énergétique | Aucune réaction
par | 04.03.10

La société française Claranor a développé une méthode « écologique » de stérilisation et de décontamination pour le secteur agroalimentaire.
Ce sont les ennemis jurés de l’industrie agroalimentaire. Nichés sur les bouchons ou les bouteilles, les bactéries, moisissures et autres virus importent l’insécurité dans nos assiettes. Face à cette problématique, François Cazalas et sa société Claranor propose désormais de traiter les emballages industriels avec une méthode garantie « cleantech ». « L’avantage c’est que nous ne consommons pas d’eau ni de polluant. Or, lors d’un traitement avec la chimie, il faut rincer l’emballage à l’eau pure et sécher à l’eau stérile. Et dans le cas d’une méthode radiative (ndlr : rayons…), le traitement ne se fait pas sur le même site que la production de l’emballage. Donc l’empreinte carbone est très importante » explique l’ingénieur-environnemental de 42 ans. Crée en octobre 2005, Claranor propose donc des équipements pour la stérilisation de bouchons, coupelles (pot de dessert), opercules en aluminium et même prothèses médicales. « Notre technologie repose sur des lampes à vapeur de Xénon qui éclairent la matière par des flashs de 0,2 millisecondes. Cette forte intensité crée une différence de température et de pression qui font éclater les micro-organismes tandis que les UV empêchent toute vie cellulaire possible.»
Tournée vers l’industrie agroalimentaire, la start-up de Manosque signe en décembre 2006 un premier gros coup : la vente d’un équipement auprès de Nestlé Waters. « Lors des 18 premiers mois, nous sommes passés de l’artisanat à un assemblage digne de l’exigence industrielle. Notre vraie innovation, c’est de proposer une cadence de cinq flashs par seconde. C’est une avance technologique incomparable » explique François Cazalas. Outre la technique, l’entrepreneur mise aussi sur la compétitivité de sa solution. Selon Claranor, la stérilisation par lumière pulsée diviserait par deux l’investissement et par cinq les frais de fonctionnement par rapport à un traitement chimique des emballages. De même, il promet aux utilisateurs de technologies radiatives d’obtenir un retour sur investissement compris entre 12 et 15 mois avec sa méthode. Le tout pour une consommation électrique annoncée comme « extrêmement basse ».
Traiter les produits pharmaceutiques et cosmétiques
D’abord vendue directement aux industriels, la technologie Claranor est désormais distribuée à 60 % via de grands équipementiers de l’agroalimentaire comme Sidel, KHS, Serac ou Tetra Pak. A terme, la start-up pourrait même ne conserver que la maintenance et la SAV de ses installations. De quoi se concentrer sur la recherche et développement pour concevoir des solutions inédites. « Il y a encore des objets où le radiatif doit être utilisé en complément, comme les prothèses. De même, une bouteille ne peut se traiter que par la chimie. Mais nous progressons sur ce sujet. Nous travaillons ainsi sur des guides de lumière pour faire descendre le flash à l’intérieur de la bouteille. » Grâce à un logiciel spécifique, Claranor peut en effet donner naissance à des réflecteurs capables de refléter la lumière des lampes sur l’ensemble de la surface de chaque emballage à traiter.
Implanté sur un marché estimé à environ 250 millions d’euros par an, Claranor lorgne désormais sur l’équipement d’autres secteurs comme la pharmacie ou la cosmétique. Pour cela, François Cazalas devra adapter son innovation au traitement de produits dont l’utilisation n’est pas limitée dans le temps. Dans les prochains mois, la start-up alpine sera d’ailleurs le chef de fil d’un programme collaboratif d’Innovation Stratégique Industrielle de 20,5 millions d’euros cofinancé par Oseo. « Les marchés cleantechs sont oligopolistiques et très capitalistiques. A partir de là, le crédo auquel nous sommes fidèles c’est de collaborer avec les grands industriels. On ne mène pas une révolution technique tout seul ». Contre les bactéries (aussi), l’union fait la force.

Bacillus Subtilis Spores (avant et après traitement)
Claranor en bref
- Siège social : Manosque (04 - Alpes-de-Haute-Provence)
- Création : Octobre 2005
- Effectif : 18 personnes dont 16 CDI
- Chiffre d’affaires : 2009 : un peu moins d’un million d’euros - objectif 2010 : 20 millions d’euros
- Actionnariat : Amundi, Emertec et Succès Europe ont participé à la seconde levée de fonds de Claranor. Ce tour de table de 2,6 millions d’euros a été bouclé en février 2010.
- Prix d’un équipement : au minimum 50 000 euros
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