Le premier protecteur naturel français contre la maladie du bois de vigne
par | 04.03.10

La société Agrauxine s’offre une grande première en lançant sur le marché français l’Esquive WP, un produit pionnier dans la lutte biologique contre la maladie du bois de vigne. A ce jour, il est le seul du genre à avoir reçu une autorisation de mise sur le marché du ministère de l’Agriculture.
Sept années pour une homologation
Depuis l’interdiction de certains engrais chimiques*, les maladies du bois de la vigne se propagent chez les viticulteurs français. Avec un enjeu économique de taille puisque le coût moyen de remplacement des ceps de vigne se chiffre entre 300 à 840 € par an et par hectare. Spécialiste des solutions alternatives aux engrais, la société Agrauxine a décidé de proposer aux vignerons une solution « naturelle » à ce fléau. En collaboration étroite avec l’INRA, Agrauxine a ainsi piloté pendant sept ans un programme de R&D sur une souche de « trichoderma ». Ce champignon est capable de se développer dans le bois, bloquant ainsi les maladies pathogènes qui s’y logent. Un effort non vain puisque ce cycle de recherche a été couronné l’an dernier par une homologation du ministère de l’Agriculture. « L’autorisation de mise sur le marché, c’est très long. Ce sont les mêmes contraintes que pour les produits chimiques » explique le DG d’Agrauxine, Olivier Nazeyrollas, qui souligne que ses produits naturels doivent répondre à de fortes exigences réglementaires d’efficacité et de sécurité.

Esquive WP
Les débuts commerciaux
Lancé en novembre 2009, Esquive WP utilise donc des organismes (bactéries ou champignons) existants dans la nature pour protéger et prévenir les affections du bois. Il maintient ainsi durablement la qualité des ceps de vigne en protégeant les plaies de la contamination et en limitant le développement des champignons. Vendu entre 40 et 45 euros le seau de 1 KG, ce protecteur naturel est pour l’instant distribué par les négoces et les coopératives agricoles. Il faut en moyenne quatre seaux par an pour traiter un hectare. « Il s’agit avant tout d’un challenge culturel », affirme Olivier Nazeyrollas, qui met toute son énergie à convaincre des agriculteurs et viticulteurs issus d’une culture très « chimique », des bienfaits des produits naturels et de leur impact environnemental. Suivant cette logique, Agrauxine travaille d’ailleurs actuellement sur d’autres projets « propres » comme la culture d’un autre champignon, le micodocium. Ou encore des essais sur une bactérie capable de capter l’azote atmosphérique afin de réduire les fertilisations azotées. « Nous allons vers une agriculture plus intelligente, conclut Olivier Nazeyrollas. Comme pour la médecine humaine, nous tendons vers le concept de prévenir plutôt que guérir. »
* (2001 : arsénite de sodium ; 2007 : Escudo)
Agrauxine en bref
- Création : avril 2002
- Siège social : Saint Evarzec (29-Finistère)
- Effectif : 39 salariés
- Chiffre d’affaires 2009 : 4,5 millions d’euros
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