François Fillon annonce aujourd’hui l’abandon de la taxe carbone. Pour le Premier ministre, cette taxe sera européenne ou ne sera pas. « Nous voulons que les décisions soient prises en commun avec les autres pays européens, sans quoi nous allons voir s’accroître notre déficit de compétitivité », a-t-il argué. Or, la mise en place d’une telle fiscalité environnementale commune aux vingt-sept états membres de l’Union européenne n’est pas d’actualité. Le sera-t-elle d’ailleurs jamais ? Les réactions à ce renoncement sont nombreuses. Voici celles du Meeddem, de la Fondation Nicolas Hulot et de CroissancePlus.
Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer
Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, prennent acte […] du souhait du Premier ministre de coordonner leur action au niveau européen. Et confirment leur volonté que la directive européenne sur l’énergie, permettant la mise en place d’une contribution carbone européenne, soit présentée, comme prévu, à la fin de cette année.
Jean-Louis Borloo : « […] Je reste convaincu de la nécessité d’une fiscalité écologique. […] La contribution carbone a été l’otage de débats qui ont dépassé largement le champ de l’écologie et qui ont conduit à une profonde incompréhension. Je suis, à titre personnel, déçu par toutes ces controverses et ces malentendus. » « […] Cette incompréhension ne doit pas altérer les avancées majeures obtenues dans le cadre du Grenelle Environnement et de la révolution écologique qui est en marche, notamment les 70 mesures de fiscalité écologique déjà adoptées. » « […] Je continuerai à me battre pour cette grande idée. »
Fondation Nicolas Hulot
[…] Cette déclaration est incompréhensible, et marque une vraie rupture dans l’ambition française en matière de protection de l’environnement. Le Conseil Constitutionnel n’avait pas sanctionné la taxe carbone sur le principe, mais sur ses modalités d’application ; ne remettant absolument pas en cause une fiscalité environnementale en France. […] La Fondation rappelle que l’objectif de la taxe carbone est bien de s’engager vers un système fiscal plus juste : moins taxer le travail de l’homme (et donc encourager l’emploi), pour taxer l’utilisation des ressources non-renouvelables […].
[…] Jugée incontournable par le Président Nicolas Sarkozy en septembre, votée par le Parlement à l’automne, la taxe carbone demeure un élément indispensable des politiques françaises de lutte contre le changement climatique. […] Le choix qui serait fait aujourd’hui serait celui du conformisme et de la pusillanimité. Il privilégie clairement les égoïsmes d’aujourd’hui à des choix structurants pour la France de demain. L’économie verte, créatrice d’emploi, de bien être et de respect de l’environnement a sérieusement du plomb dans l’aile. […]
[…] En mettant au placard la taxe carbone, le gouvernement choisirait de laisser de côté les plus vulnérables d’entre nous, en refusant de donner aux acteurs économiques le signal indispensable pour le développement d’une offre importante de produits verts (logements sobres en énergie, modes de transports peu émetteurs de CO2). […] L’abandon de l’esprit du Pacte écologique et du Grenelle de l’environnement serait une catastrophe sur des sujets qui engagent les générations futures.
CroissancePlus
Asphyxier les PME n’était pas une piste responsable. CroissancePlus se félicite de la décision du Premier ministre de renoncer à la taxe carbone.
[…] Cette nouvelle fiscalité risquait de freiner le développement des entreprises de croissance alors qu’elles doivent faire face à une conjoncture économique très tendue. Les entrepreneurs de CroissancePlus ont pleinement conscience du coût de l’énergie et de l’impact environnemental de leur choix de production. C’est pourquoi, l’association des entreprises de croissance encourage la valorisation des bonnes pratiques et est prête à faire des propositions concrètes pour inciter les entreprises à les développer.
[…] Le développement durable est une opportunité de création de richesse et d’emplois qu’il convient de stimuler. CroissancePlus milite donc pour une limite de l’empreinte environnementale de ses entreprises adhérentes et encourage la création de produits et services innovants en adéquation avec l’évolution de nos modes de vie. […]
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Besset | 29.03.10 à 13.33
Il me semble évident que si la taxe carbone devait s’appliquer, cela devrait être en même temps avec une baisse des charges pour l’entreprise ET d’impôts sur le revenu pour les employés …
Dans ce cas, il n’y aurait pas besoin d’attendre les autres pays Européens car pression fiscale constante aussi pour l’Etat que pour les Français :: Enarques réveillez-vous