Réhabilitation énergétique globale des bâtiments : un démarrage lent et difficile
par | 23.03.10
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La rénovation lourde fait peur
En pratique, le seuil fixé pour le passage de la RT Ex. « élément par élément » à la RT Ex. « globale » est trop élevé (**). C’est pourquoi cette dernière est jusqu’à présent rarement utilisée, au grand soulagement de l’ensemble des acteurs, pour qui la RT Ex. « élément par élément » permet de se raccrocher à des pratiques usuelles. Et c’est bien là que réside le problème, la rénovation lourde fait peur. Les contraintes sont multiples et complexes, la connaissance n’est pas encore confortée et les traditions du métier vont à l’encontre d’un changement de fond.
Au-delà des outils, l’application du « Grenelle dans le bâtiment existant » est un grand saut dans le vide pour beaucoup d’acteurs. Les pratiques du BTP, des bureaux d’études et des maîtres d’ouvrage ne se sont pas encore suffisamment structurées pour garantir le bon déroulement de la démarche. Le manque de connaissances et de compétences est encore conséquent, et les nouveaux mécanismes de financement ne sont pas mis en œuvre.
Le changement serait-il trop brutal et trop rapide pour le secteur du bâtiment alors que les fondamentaux ne sont pas consolidés ? La charrue réglementaire n’a-t-elle pas été mise avant les bœufs ? Le discours sur l’application du Grenelle serait-il en décalage avec la réalité ?
Des indicateurs communs dans un référentiel unique pour l’ensemble des acteurs
Mais les faits sont là et, si l’on avance encore doucement, les progrès sont notables au quotidien lors de la programmation des travaux. La RT Ex. « globale » n’est pas encore correctement appliquée, mais elle définit des outils et des indicateurs communs. Bien qu’ils puissent être améliorés, ils contribuent déjà à définir un référentiel unique pour l’ensemble des acteurs.
Les « règles du jeu » étant ainsi formalisées, financeurs, maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre n’ont plus qu’à se doter des moyens nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. A cet égard, la définition des labels dans l’existant va sans doute changer la donne et contribuer à définir de nouveaux paradigmes.
Plus que tout, l’Etat s’est engagé à mettre en place les structures de financement et à favoriser l’établissement de la connaissance et des méthodes requises par ce contexte nouveau. Il s’agit encore des premiers pas, mais, d’appels à projets régionaux en formations professionnelles, un courant nouveau semble s’installer.
Plus ambitieuse que l’application de la RT Ex. « élément par élément », la rénovation lourde conforme à la RT Ex. « globale » doit frapper de manière forte et définitive afin de produire des bâtiments performants pour les vingt à trente prochaines années. Les travaux ainsi réalisés devront ensuite être scrupuleusement réceptionnés et les performances des bâtiments devront être « monitorées ». Sinon, même conformes à la réglementation sur le papier, les résultats risquent fort de ne jamais être atteints.
Dernier écueil à éviter et non des moindres : le concept ne doit pas se préoccuper uniquement de l’énergie et doit intégrer l’ensemble des leviers de l’écoréhabilitation : accessibilité aux personnes à mobilité réduite, qualité de l’air intérieur, confort thermique et acoustique, performance environnementale des matériaux…
La route est encore longue et tout n’est pas encore défini. Malgré cela, il faut garder le cap et rester ambitieux. Le temps des dissertations et des discours sur le « développement durable » et « la croissance verte » est révolu, celui de l’action est venu.
(**) - La RT globale s’applique lorsque le coût des travaux de rénovation « thermique » décidés par le maître d’ouvrage est supérieur à 25% de la valeur conventionnelle hors foncier du bâtiment, ce qui correspond à 322 € HT /m² pour les logements et 275 € HT/m² pour locaux non résidentiels.
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irisyak | 23.03.10 à 23.08
Juste pour dire que ma consommation électrique pour le chauffage et la climatisation l’été coûte environ 500 Euros par an et que les travaux d’isolation de mon appartement, ici à Saintes, vont coûter environ 12000 Euros.
Je serai mort et l’isolation sera à refaire quand l’investissement sera amorti.
En clair il faut commencer par augmenter fortement le prix de l’énergie avec obligation d’utiliser une partie des revenus de la vente de l’énergie pour les économies d’énergies.