
La start-up canadienne Ellsin Environmental a mis au point un procédé de recyclage des pneus usés par micro-ondes. Une technique qu’elle veut imposer à l’international.

Robert Maier, Ellsin Environmental
De notre envoyé spécial - Sault-Sainte-Marie (Ontario, Canada) : « Nous ne voulons pas changer notre monde, nous voulons changer le monde ». Chemise ouverte et cheveux grisonnants, Robert Maier a la formule facile. Son innovation ? Recycler les pneus usagés en les traitant par micro-ondes. Son projet ? Disposer dès la fin 2010 d’une première usine de production à Sault-Sainte-Marie pour prouver la validité de sa solution. « Nous sommes en Ontario. Nous sommes canadiens. Il n’y a que des choses simples » clame ainsi le fondateur d’Ellsin Environmental Ltd. Et on serait bien tenté de le croire. A ceci près que sa solution « révolutionnaire » n’en est pour l’instant qu’au stade du démonstrateur.
Déconstruire les pneus usagés
Sur un plan technologique, l’idée de « Bob » consiste à appliquer aux pneus un procédé de dépolymérisation mis au point par la société ontarienne Environmental Waste International. Plutôt que d’incinérer les matières organiques, cette méthode propose de les déconstruire, en leur appliquant une énergie micro-ondée. Une solution dont la mise au point a demandé 15 années de développement et près de 40 millions de dollars canadiens (29,2 millions d’euros). « Avec cette technique, nous transformons les pneus usés en matière réutilisable explique Robert Maier. Chaque ligne de production peut traiter 900 pneus par jour. En fin de chaîne, nous obtenons du noir de carbone, de l’huile et de l’acier. »
Un modèle gagnant-gagnant
Innovant, le projet d’Ellsin séduit aussi par les promesses de son modèle économique. D’abord parce que les matières issues du recyclage des pneus ont une vraie valeur marchande. Ainsi, son acier est recyclable, son huile peut faire un parfait biodiesel et le noir de carbone est déjà utilisé pour la fabrication de stylos ou de ciments. Mais aussi parce qu’un dispositif de cogénération devrait permettre à l’unité de Sault-Sainte-Marie de produire environ 400 MW par an, soit un peu plus que ses besoins énergétiques. Dernier atout : le captage de revenus en amont. Comme en Ontario, où Ellsin sera rétribué d’un dollar par unité traitée grâce à une taxe collectée auprès des vendeurs de pneus de toute la province.

Noir de carbone
Le monde comme terrain de jeu
Avant de toucher ses premiers dollars, Robert Maier devra achever la construction de son usine ontarienne dont les plans sont à peine secs. « L’unité fonctionnera d’ici la fin de l’année. Ce sera du 24 heures sur 24 ». A terme, Ellsin souhaite capter 20 % des 330 millions de pneus usagés qui sont générés chaque année en Amérique du Nord. La compagnie table aussi sur l’ouverture de 90 unités de traitement à travers le globe. « Pour l’instant nous nous concentrons sur les voitures personnelles. Mais nous réfléchissons aussi à des lignes adaptées aux pneus de camions ». Robert Maier n’en a pas fini avec ses bonnes formules.
Source photos : Fotolia (Une) / Brdr (vignettes)
Production annuelle pour une ligne de 900 pneus (source : Ellsin)
- 1000 tonnes de noir de carbone
- 600 m³ cube d’huile de pneus
- 300 tonnes d’acier
- 400 MW d’électricité
Quatre à cinq ouvriers sont nécessaires pour surveiller le fonctionnement d’une ligne de production.
Zoom… sur Elementa Group
Quand les déchets solides deviennent électricité
Egalement basée à Sault-Sainte-Marie, la société Elementa Group a breveté une technologie de transformation des déchets solides (plastiques, aluminium…) en gaz de synthèse (syngaz). Originalité : le processus de combustion ne réside pas dans l’incinération des matières mais sur une réaction chimique qui utilise de la vapeur à température moyenne. Le gaz obtenu peut être utilisé pour produire de l’électricité « verte », de l’éthanol ou bien encore de l’hydrogène. Selon Elementa, 98 % des ordures solides récupérées en amont sont transformées en gaz pendant le processus. « L’élément clé de notre technologie c’est la non-combustion. Vous évitez les effets nocifs des fumées explique Michael Wozny, Vice-President d’Elementa. L’intérêt autour de notre compagnie est énorme. Nous avons des contacts avancés avec des villes comme New-York, Chicago et même à Singapour ». Plus modestement, la société a récemment signé un contrat de 20 ans avec la municipalité de Sault-Sainte-Marie pour transformer les déchets solides de la ville en électricité. Le lancement de ce dernier projet est prévu pour le printemps 2011.
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Egalement basée à Sault-Sainte-Marie, la société














MERLIN | 9.05.10 à 17.52
voila un proceder innovant qui permettrait de faire de l’economie durable en particulier dans les pays en developpement ou les pneus sont bruler!!!!!