Les ENR sous-représentées au salon du recrutement des métiers de l’énergie
par | 02.04.10
Jeudi 1 avril, l’Espace Champerret a ouvert ses portes aux recruteurs du secteur de l’énergie. Lors de cette deuxième édition du Salon du recrutement des métiers de l’énergie, chasseurs de têtes, demandeurs d’emploi et sociétés ont disposé de neuf heures pour faire connaissance. Les postulants ont pu rencontrer des grandes entreprises et des PME sur les 24 stands d’exposants où ils ont pu déposer leurs CV.
Un constat : il n’y avait que très peu de postes à pourvoir dans le domaine des énergies renouvelables (ENR). Enel, l’opérateur d’électricité italien Italie, recherche des ingénieurs nucléaires pour ses filiales françaises. EDF est en quête de profils dans l’informatique et les télécoms, l’optimisation et le trading. Bureau Veritas, société de certification et d’évaluation de conformité, recrute des pilotes d’inspection nucléaire et des ingénieurs spécialistes des pipelines. Sofren, entreprise de conseil et de service en ingénierie, spécialiste du secteur de l’énergie, recrute techniciens et ingénieurs (voir interview plus bas).
Quelques offres de technico-commerciaux
Seules quelques entreprises comme Rexel, spécialisée dans les solutions de la maîtrise d’énergie, recherchent des profils ciblés « énergies renouvelables ». En cherchant patiemment, les candidats pouvaient alors tomber sur des offres de technico-commerciaux et de chargés de développement en énergies renouvelables ou d’ingénieurs thermiques ou hydroélectriques.
Alors que, pour les prospectivistes, les ENR sont appelées à constituer un vrai gisement d’emploi, leur faible représentation sur ce type de salon a de quoi surprendre. C’est ce que semble penser Valérie, jeune ingénieure de 27 ans, après avoir déposé son CV chez ENEL, « ils recrutent, mais pas autant que l’on pourrait l’espérer. Ils ont subi une vague de départs à la retraite, et pourtant ils ne remplacent trois départs que par une seule embauche ! Mesure d’économie, m’ont-ils dit ». La crise serait-elle en passe de gangréner l’eldorado des énergies renouvelables ?
Entretien avec Yann Aubry Lecomte, Directeur général de Sofren.
Cleantech Republic : Quel est votre positionnement sur le secteur de l’énergie et en particulier des ENR ?Yann Aubry Lecomte : Nous proposons des services d’ordre technique jusqu’au développement stratégique. Nous travaillons par exemple avec EDF sur de gros projets. Nous avons débuté dans l’éolien, et depuis peu nous élargissons nos activités au secteur du photovoltaïque.
Comment expliquez-vous le faible nombre de représentants des ENR sur le salon ?
Si nous prenons le simple exemple du photovoltaïque, nous savons qu’aujourd’hui le secteur est en flottement. Beaucoup de projets sont tombés à l’eau, suite aux modifications des tarifs de rachat. Les petites entreprises qui s’étaient lancées sur le secteur pour surfer sur la vague mettent aujourd’hui la clé sous la porte, faute de projets. Donc, plus d’embauches. Seules, les grandes entreprises surnagent.
Quels sont les profils recherchés au sein de votre entreprise, et plus globalement sur le secteur des ENR ?
Les chargés d’affaires et les chefs de projets spécialisés en énergies renouvelables, aussi bien pour des postes en France qu’à l’étranger. Puis, plus particulièrement dans le domaine du solaire, les acteurs de grands projets recherchent des techniciens supérieurs ayant une spécialisation sur les technologies liées au photovoltaïque par exemple : électrotechnique, étanchéité…
Avez-vous des difficultés à trouver les profils que vous recherchez actuellement ?
Oui, car il n’y a pas assez de formations diplômantes. Le secteur est trop jeune, trop fragile. Nous n’avons pas assez de recul.













