Bilan carbone : difficile de se repérer dans la jungle des prestataires
par | 06.04.10
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Développée depuis 2002 sous la houlette de l’Ademe et de l’énergique Jean-Marc Jancovici, la méthodologie Bilan Carbone® s’est rapidement imposée. La grande majorité des bilans étant réalisée en externe, ce nouveau marché très prometteur attire une kyrielle de prestataires, des plus classiques comme les grands cabinets de conseil, aux plus modestes indépendants, en passant par des « pure players » spécialisés. Pas toujours facile pour les décideurs d’identifier le bon partenaire.
« Le nombre de bilans carbone réalisés en France a littéralement explosé depuis deux ans, passant de 220 en 2007 à 2000 en 2009 », révèle Romain Poivet, ingénieur bilan carbone à l’Ademe (voir graphique).

Vers une qualification professionnelle des prestataires
Suivant son légitime objectif de promotion de la méthode Bilan Carbone®, l’Ademe forme à tour de bras. Fin 2009, 4000 personnes étaient habilitées, soit environ 1300 bureaux d’études… pour réaliser 2000 bilans. A l’évidence, il n’y pas de travail pour tout le monde. L’Ademe annonce même qu’en 2009, deux cents prestataires habilités n’ont réalisé aucun bilan carbone. « Il y a un véritable risque sur la qualité des prestations, dénonce Thierry Fornas, président d’EcoAct, l’un des leaders du marché. Les disparités de taille, de compétence, et d’expérience entre les cabinets sont telles, qu’elles nuisent au marché. Les clients sont un peu perdus ».
L’Ademe confirme : « Environ 10% des bureaux d’études ont réalisé 80% des bilans de l’année et l’immense majorité en déclare moins de cinq », analyse Romain Poivet. Or, la méthodologie de l’Ademe impose non seulement une analyse quantitative des émissions, mais aussi un plan d’actions stratégiques, une dimension absente de la formation Ademe et laissée à l’appréciation des prestataires. « Nous en sommes conscients, répond Romain Poivet. C’est pourquoi nous envisageons très sérieusement la mise en place d’une qualification professionnelle, à l’instar de Qualibat dans le bâtiment ». Du coté des prestataires, ni association, ni fédération !
Un bilan carbone : pour quoi faire ?
Les motivations des décideurs sont multiples. Depuis quelques mois, la demande est fortement tirée par des appels d’offres émanant de grandes entreprises ou collectivités qui imposent aux soumissionnaires de montrer « pattes vertes » en prouvant leur volonté de réduire leurs émissions. Cet effet domino est clairement ressenti par les prestataires en bilan carbone.
Viennent ensuite :
- des préoccupations stratégiques : avantage concurrentiel et anticipation de la hausse des prix de l’énergie
- l’anticipation des obligations réglementaires
- la communication
- le management et les ressources humaines
En savoir plus
Découvrez le Guide Bilan Carbone édité par GreenVivo, un service de Cleantech Republic.
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Dimitri | 7.04.10 à 13.20
Il est clair qu’il y a a boire et à manger. Sans compter une nombre croissant de prestataires ( et pas des moindres ! ) qui cassent aussi les prix du marché en proposant des prestations au rabais en faisant turbiner des stagiaires non formés en arrière boutique ! J’ai vu des offres proposer de réaliser un bilan carbone sur des boites de 50 personnes en chiffrant moins de 2 jours de travail …
Formé en 2004 à la méthode, heureusement effectivement que mon boulot d’accompagnement dans des diagnostics développement durable et agendas 21 m’a donné les armes pour établir des plans d’action (ne serait-ce que pour la trame des outils à proposer au client !)
Idem, on peut reprocher 2 choses à la méthode :
1 - la manque de base de données quand les recherches sont particulières (exemple : quelles émissions de CO2 pour un repas bio Vs un repas normal ?)
2- le manque d’outil destiné au client pour le suivi. Faire un bilan, c’est bien, mais encore faut-il que le client se l’approprie, et puisse suivre ses progrès, les chiffrer etc… Ou alors, il marche à l’aveuglette et refait un nouveau bilan 3 ans plus tard…
Pour ces deux points, aujourd’hui, seule l’expérience comble le manque !