
Propriété de la Deutsche Post, le transporteur DHL revendique un positionnement « écologique » sur le marché de l’expédition express. Une stratégie qui passe notamment par la commercialisation de produits verts et par une gestion optimisée des transports.
Une quinzaine de clients, 60 000 expéditions et 1000 tonnes de CO2 compensées depuis mai 2008. Si l’offre Gogreen n’est pas encore un raz de marée, c’est déjà une première victoire pour Frédéric Maille, responsable marketing produit chez DHL France. L’idée ? Proposer au client de compenser directement les émissions de CO2 émises lors du transport international de ses marchandises. « Nous coordonnons un fonds destiné à un portefeuille d’ONG qui mènent des projets de lutte contre la déforestation. Pour l’expéditeur, le surcoût est de 2% par rapport à un envoi classique ». Des clients aux idées vertes qui pourront également opter pour l’un des treize emballages 100% recyclables lancé par DHL en septembre dernier. Du colis de 500 g à la palette de 100 kg.
Optimiser les transports

Triporteur
Louables sur le papier, ces deux dernières solutions écolos de DHL ne suffisent pas à complètement verdir l’image du transporteur. La faute à une activité peu économe en carburant « Nous sommes de gros pollueurs. En 2008, nous avons calculé avoir émis près de 32,2 millions de tonnes de CO2 avoue Frédéric Maille. Mais nous voulons réduire ces émissions de 30% d’ici 2020 et de 10% à l’horizon 2010 (ndlr : base 2007). » Dans la ligne de mire : les transports. Pour limiter leur impact, DHL doit aujourd’hui revoir toute son organisation interne. Il s’agit notamment de réduire le nombre de kilomètres parcourus, de mieux répartir les colis entre les livreurs et bien sûr d’adapter le parc de véhicules à la nouvelle stratégie environnementale. Citons-ici l’usage de triporteurs à pédales pour livrer les centre-villes de Bordeaux, Toulouse, Rennes et Lyon ou encore le choix d’avions moins gourmands en carburant - des Boeing 767ERF - pour la messagerie internationale. Dans les prochaines années, DHL pourrait également se tourner vers les véhicules hybrides ou le transport fluvial. Tout en poursuivant un travail de formation auprès de ses livreurs sur l’éco-conduite. « L’initiative interne en faveur de l’éco-conduite représente 6% de fuel économisé chaque année explique Frédéric Maille. Plus on forme les chauffeurs, plus on voit de réelles économies de consommation de carburant, à périmètre constant d’activité. » Près de 1500 conducteurs devraient ainsi être formés par DHL d’ici 2011.
Mutualiser les bonnes pratiques

Hub DHL - Leipzig
A croire que la « vertitude » fait vendre ? Rien n’est moins sûr. Pour DHL, l’avant-garde écologique est d’abord un atout supplémentaire pour la relation-clients et donc la fidélisation. « Les gens en face de nous sont des acheteurs. Ils sont là pour faire baisser les prix. Cela dit, ils restent très sensibles à la communication et ont souvent des directives en interne sur les problématiques environnementales ». A défaut de faire grimper la courbe des ventes, la logistique verte permet aussi d’anticiper la réglementation. D’ici quelques années, de nouvelles contraintes réglémentaires pourraient offrir un avantage concurrentiel aux acteurs du secteur les plus avancés en matière d’environnement. Dès lors, pas étonnant de constater que les entreprises de la messagerie et du transport express échangent déjà leurs bonnes pratiques dans le cadre de forums et rencontres professionnelles. Une coopération qui pourrait, à l’avenir, se formaliser par la mutualisation de certains moyens opérationnels. DHL partagerait alors certains de ces hubs avec des concurrents comme FedEx ou TNT. La compétition restant sur le cœur de métier : livrer vite. « Il faut changer les règles du jeu pour les rendre durables et profitables. Le profit économique ne doit pas être le tabou du développement durable » conclu Frédéric Maille. Chez DHL, ça ne fait pas un pli.
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Thierry | 13.04.10 à 17.05
Si je comprend bien DHL fait suporter le coût de la compensation sur le client final. L’essentiel est le résultat final (la compensation) certes. Mais finalement quel est l’effort consenti par DHL ? La démarche aurait été encore plus louable si DHL avait pris cet effort à son compte.