L’Allemagne prend de l’avance sur le marché prometteur de la biomasse énergie
par | 13.04.10
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Bart Markus est General Partner chez Wellington Partners, une société de capital-risque allemande qui développe une expertise pan-européenne dans les cleantech notamment. Il donne dans cette tribune sa vision du potentiel de marché de la bioénergie. Il explique pourquoi, dans l’exploitation de la biomasse, l’Allemagne a pris de l’avance sur les autres pays européens, et en particulier la France. Lesquels vont devoir vite rattraper leur retard.
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Elle détruit les forêts vierges, ôte le pain de la bouche aux enfants affamés et endommage le climat : rarement une énergie renouvelable n’a été sous le feu des critiques comme l’est depuis quelques temps la biomasse énergie, et en particulier l’utilisation du biodiesel comme alternative aux combustibles fossiles.
Pourtant, l’Agence Allemande pour les Energies Renouvelables prédit déjà que la bioénergie représentera 15% de la consommation principale d’énergie en Allemagne d’ici 2020, et pourrait atteindre 25% d’ici 2030. L’énergie des champs commence également à jouer son rôle dans le bilan énergétique d’autres pays d’Europe : la biomasse représente d’ores et déjà 5% de la production électrique française.
Le potentiel de production d’énergie à base de produits naturels s’explique par trois raisons. Premièrement, l’utilisation de biomasse liquide comme carburant ne sera probablement adoptée à grande échelle que dans les régions disposant déjà de chaînes d’exploitations complètes, comme le Brésil qui fait déjà traditionnellement appel au bioéthanol. Deuxièmement, seule une portion minime des terres arables totales serait dédiée aux cultures à des fins énergétiques ; même dans le cas d’une forte croissance, la grande majorité de la surface continuerait d’être employée pour l’alimentation, notamment le fourrage animal. Troisièmement, utiliser la biomasse ne se résume pas seulement à changer des champs de blé en carburant liquide.
Une réponse au quart des besoins énergétiques du monde entier
La biomasse, c’est aussi les sciures de bois, le foin coupé, les tiges de céréales, les fanes de betterave et même les ordures ménagères. Ce qui passerait à première vue pour du déchet contient en fait beaucoup d’énergie qu’on peut non seulement utiliser comme combustible, mais qui est souvent encore mieux adaptée à la production de chaleur et d’électricité. La technologie moderne permet également de convertir les déchets des champs et des forêts en biogaz, une alternative au gaz naturel extrait de poches géologiques situées dans des régions politiquement instables.
Globalement, les experts voient dans cette forme d’énergie renouvelable un potentiel énorme. Les dernières études dans le domaine assurent que l’utilisation de la biomasse pourrait répondre au quart des besoins énergétiques du monde entier, et cela, sans menacer la production de nourriture de sa population toujours croissante.
Les attitudes envers cette énergie nouvelle varient cependant d’un pays à l’autre. En Allemagne, le gouvernement soutient particulièrement la production de chaleur et d’électricité à partir de sources renouvelables, et la loi dite EEG encourage l’utilisation d’énergies propres comme l’énergie solaire, éolienne et biologique. Leurs producteurs sont subventionnés, ce qui leur permet de devenir plus rapidement compétitifs face aux sources d’énergie classiques.
Cette promotion des nouvelles sources d’énergie s’explique par un besoin national de réduire la dépendance aux énergies fossiles d’une part, et le refus catégorique de l’énergie nucléaire d’autre part. La situation est différente en France, où la domination du nucléaire entraîne un bilan énergétique plus favorable au climat, en tout cas au niveau des émissions de dioxyde de carbone. Le pays ne bénéficie cependant pas de la tradition de production électrique décentralisée allemande, où les centrales municipales de villes comme Munich et Cologne jouent un rôle important sur le marché. Celles-ci sont potentiellement clientes pour la construction de nouvelles stations électriques à base de biomasse.
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