L’Allemagne prend de l’avance sur le marché prometteur de la biomasse énergie
par | 13.04.10
| Précédente |

Plus d’énergie pour moins de CO2 : le rôle clé de la technologie
Les technologies appropriées développées à temps constitueront un facteur crucial qui permettra à la bioénergie d’entrer de plain pied sur le marché énergétique global. De nombreuses d’entreprises travaillent actuellement en ce sens et étudient divers procédés qui permettraient d’augmenter la production énergétique des produits naturels et d’optimiser la logistique entre les champs et les centrales, tout en réduisant les émissions totales de CO2. Se contenter de brûler du bois dans une cheminée reste en effet une méthode de génération de chaleur peu efficace et polluante.
Le futur de la bioénergie repose donc sur des centrales qui génèreraient chaleur, électricité et/ou gaz d’origine naturelle de façon aussi efficace que possible, avec un impact sur le climat aussi minime que possible. Leur développement s’oriente sur deux axes : des usines centrales contre des solutions décentralisées. Choren Industries, société basée en Saxe, est un bon exemple de la première approche : fondée en 1990, l’entreprise est aujourd’hui spécialisée dans les technologies permettant de convertir la biomasse en carburants liquides.
Dans le cadre du projet de recherche européen OPTFUEL, Choren entame aujourd’hui le développement d’une centrale à l’échelle industrielle d’une capacité annuelle de 200 000 tonnes de biofuel synthétique. Ce genre de projet à grande échelle implique cependant de lourdes dépenses et un grand effort logistique afin d’acheminer une quantité suffisante de produits naturels bruts, dont certains sont plutôt lourds, jusqu’à la centrale.
Deux approches de la bioénergie : l’une centralisée, l’autre décentralisée
D’autres acteurs partent dans la direction opposée avec des solutions décentralisées qui seraient employées principalement en milieu rural. La société bavaroise Agnion Company, financée par Wellington Partners en 2009, se focalise par exemple sur la transformation de biomasse en gaz dans de petites usines d’une capacité d’1 MW chacune. Sa technologie Heatpipe, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet, permet l’opération dans les zones rurales de centrales de co-génération qui fournissent à la fois électricité et chauffage aux bâtiments publics comme les écoles, voire certains villages. Il est également plus facile de trouver acheteur pour la chaleur résiduelle produite par ce genre de centrale aux dimensions réduites.
Alternativement, elles peuvent aussi produire du biohydrogène ou du gaz naturel synthétique, voire fournir la chaleur produite par le processus à des usines industrielles. Que le produit final soit de la chaleur, de l’électricité ou du gaz, cette méthode de génération d’énergie flexible et écologique se base pour le moment sur le bois, disponible en quantité suffisante en particulier dans les campagnes.
Les deux solutions d’utilisation de bioénergie (centralisée et décentralisée) offrent à leurs fournisseurs un potentiel de croissance énorme, car elles permettent de mettre en relation des méthodes agricoles et forestières efficaces à la demande croissante en énergies renouvelables. Dans les pays en voie de développement en particulier, cette combinaison pourrait déclencher une vague de productivité agricole tout en mitigeant la dépendance de ces pays en combustibles fossiles. Grâce au fort soutien qu’elles reçoivent par le biais de l’EEG, les entreprises allemandes ont l’avantage technologique dans le domaine de la transformation de fumier, de déchets agricoles et de sciure de bois en énergie. La France et les autres pays d’Europe devront rattraper leur retard afin de conquérir leur part de cet énorme marché d’avenir.
| Précédente | Page 2 / 2 |
Sur le même thème : biocarburant, Biomasse













