« Un écoquartier doit se voir de l’extérieur et se vivre de l’intérieur »
par | 15.04.10
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Depuis les bords du lac du Bourget, l’agence d’architecture Patriarche & Co s’intéresse depuis de nombreuse années à la construction HQE. Pour Cleantech Republic, Jean Loup Patriarche, Architecte - Président de la structure savoyarde, nous livre sa vision de l’écoquartier idéal.
Cleantech Republic : Quand on parle d’écoquartiers, les modèles cités sont souvent suédois ou allemands. Y a-t-il un retard français sur ce sujet ?

Jean Loup Patriarche, Architecte
Jean Loup Patriarche : Je crois qu’il ne reste pas un seul service d’urbanisme d’une mairie ou d’une collectivité française qui ne soit pas monté dans un autobus pour aller visiter le quartier de Vauban à Fribourg. Les éco-quartiers en France, tout le monde en a plein la bouche. Mais ce n’est pas aussi simple. Il faut d’abord une vraie politique de transports. Puis, il faut trouver un moyen de faire des écoquartiers à la française. La culture allemande ou suédoise n’est en effet pas directement transposable chez nous. Le dernier élément c’est le respect du paysage : étudier dans quel sens coule la rivière ou quelles sont les perspectives du terrain..
Les premiers écoquartiers bâtis en France méritent-ils ce titre ?
Je ne trouve pas. Surtout si on les compare aux références suisses et allemandes. Selon moi, le quartier doit être adapté à sa fonction pour être de bon usage dans le futur. Les habitants doivent être heureux d’y habiter et de s’y « reproduire ». Il doit y avoir une touche émotionnelle. Un éco-quartier doit se voir de l’extérieur et se vivre de l’intérieur.
Ce qui implique une approche différente pour l’architecte ?
Dans notre agence, nous sommes 110 personnes : pour moitié des architectes et pour moitié des ingénieurs. Nous voulons que l’image ne se fasse pas au détriment de l’usage. L’architecte reste le chef d’orchestre mais les experts sont intégrés dès le phase de réflexion. Selon nous, un éco-quartier c’est d’abord une conception paysagère intelligente. Nous ne faisons appel à la technologie qu’en cas d’extrême nécessité. On essaye de dessiner des bâtiments qui, en eux-mêmes, sont adaptés au climat.
C’était le cas pour votre projet d’écoquartier résidentiel à Chambéry le Vieux (73) ?
Sur ce projet, nous avons réalisé nos plans en fonction d’un fil d’eau qui parcourait le terrain. Nous avons également veillé à protéger la faune et à respecter la perspective en créant des microsilos pour voitures. Bien sûr, les bâtiments atteignent une basse consommation énergétique. Grâce à une bonne isolation, ils sont pratiquement à énergie positive. Mais nous avons volontairement limité cette performance car cela ne sert à rien de limiter les énergies si au final l’habitant a envie de se pendre. C’est pour ça que l’on a placé de grandes baies vitrées dans les logements pour admirer le paysage.
Et à Annecy (74) pour le quartier de Vallin Fier ?
C’est un éco-quartier urbain à forte densité, ce qui n’est pas incompatible avec l’écologie. Nous avons fait le choix d’une architecture contemporaine axée sur l’usage et les économies d’énergies. C’est notre premier immeuble dont la façade soit complètement en bois. Il y aura aussi une récupération de toutes les sources de pluie, un chauffage scentralisé au bois et des zones de stockage des bicyclettes.
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