« La France a une place à prendre sur le marché des couches minces »
par | 16.04.10
| Suivante |

Enerplan, l’association de l’énergie solaire, présentait cette semaine le programme des Journées Européennes du solaire 2010 qui se dérouleront du 3 au 10 mai. L’occasion de revenir sur les dernières tendances du marché français du solaire photovoltaïque et thermique en compagnie de Richard Loyen, Délégué général d’Enerplan.
Cleantech Republic : Trois mois après la publication des nouveaux tarifs de rachat de l’électricité, la fronde des acteurs du photovoltaïque est-elle retombée ?

Richard Loyen, Enerplan
Richard Loyen : Il y a eu du remou autour de la rétroactivité mais c’était un épiphénomène. Ces nouveaux tarifs étaient attendus de longue date. Nous avions besoin de cette baisse pour mieux répercuter les coûts qui baissaient par pallier. Certains acteurs se sont même demandés pourquoi le tarif résidentiel restait à 58 centimes. Nous sommes des professionnels responsables. Le fait d’avoir un marché trop attractif attire les marchands du temps. Aujourd’hui, nous sommes face à une surabondance de l’offre, à une guerre des prix. A terme, on pourrait imaginer un tarif adapté en fonction de l’ensoleillement. Le bon tarif à Lille n’est pas celui pour Marseille.
Le boom du phototovoltaïque dans le résidentiel ne semble pas prêt de s’arrêter…
Il va continuer. Mais le tertiaire est en train de prendre ses marques. Ce que les acteurs attendent c’est le lancement de programmes photovoltaïques par les collectivités ou les grandes entreprises. Par exemple la SNCF ou la Ville de Paris qui décident d’équiper, là ou c’est possible, l’ensemble de leurs bâtiments en modules solaires. Des programmes de 200 000 ou 400 000 m² auraient un vrai effet de levier sur les prix.
Au niveau des technologies, le silicium cède t-il du terrain aux couches minces ?
Dans le polycristallin, nous sommes engagés dans une baisse des coûts. La technologie est maîtrisée. En ce qui concerne les couches minces, on assiste à une montée en puissance. Mais c’est une technologie qui demande de grandes surfaces car la productivité surfacique est moins importante. Si j’ai peu de surface, je vais privilégier le silicium. Sur tout un entrepôt je vais plutôt miser sur les couches minces.
Qu’attendre de la construction d’une usine de panneaux solaires à “couches minces” en gironde ?
C’est un marché ouvert. Il est clair que la France est aujourd’hui peu exportée. L’industrie des couches minces est à peine balbutiante et cette usine devra faire face à la concurrence asiatique et notamment des coréens. Il y a une place à prendre puisque le marché mondial n’existe pas encore. C’est donc plutôt un bon pari. Il y a une autre industrie qui se développe en France, c’est la fabrication de panneaux à partir de cellules importées. On a pas d’effets d’échelles mais on garantie une maîtrise de la qualité de production des modules.
L’idée c’est de concurrencer les panneaux asiatiques réputés médiocres ?
C’est une vision caricaturale. Un industriel chinois qui produit au standard international proposera de bons modules. En Asie, on trouve le pire comme meilleur. Parfois, il y a aussi des défauts de continuité de qualité : le début d’un container n’a pas de défaut contrairement aux derniers modules produits. Les problématiques concernent davantage la monnaie, l’accès aux capitaux ou le coût de l’énergie. Après, il faut savoir que les usines asiatiques sont hautement robotisées. Et ce sont les mêmes machines qu’en Allemagne.

| Page 1 / 2 | Suivante |
Sur le même thème : couches minces, Marché, solaire photovoltaïque, solaire thermique













