Une pompe à membrane ondulante plus économe en énergie
Efficacité énergétique | 4 réactions
par | 22.04.10

Les Shadoks pompaient, pompaient. Nous aussi d’ailleurs… mais pas à la main ! On estime ainsi que les 10 milliards de pompes installées dans le monde consomment 20% de la production électrique mondiale. De quoi motiver fabricants et industriels à améliorer l’efficacité énergétique des systèmes de pompage, le plus souvent en leur adjoignant une régulation. Insuffisant pour la start-up française AMS R&D (Active Membrane Systems) qui propose tout simplement une nouvelle technologie de pompage et promet 30% à 50% de consommation électrique en moins.

Erik Guillemin et Jean-Baptiste Drevet
A l’origine de l’invention, Jean-Baptiste Drevet, un ingénieur des Arts et Métiers, vite rejoint par Erik Guillemin, un sérial-entrepreneur, aujourd’hui président de l’entreprise. Les deux associés ambitionnent tout simplement de révolutionner le monde des pompes grâce à leur membrane active ondulante en forme de vague.
La membrane oscillante ondule comme un poisson
La pompe AMS n’est ni rotative, ni péristaltique (pression sur un tube souple), ni à piston. Elle se compose essentiellement d’une membrane, plus précisément un disque en élastomère en forme de vague concentrique dont le périmètre contient un aimant permanent. Cette membrane oscille verticalement au sein du corps de pompe grâce à un anneau de bobines électromagnétiques (voir schéma). Les ondulations du disque-membrane, à l’instar d’un poisson, propulsent le liquide dans les tuyaux. « Pas seulement les liquides, corrige Erik Guillemin, nous pouvons également pomper des gaz, des poudres, des granulés, et même de la mousse ! ». La puissance et le débit de la pompe dépendent de la forme, de la matière, du diamètre et de la fréquence d’ondulation de la membrane.
Plus de simplicité pour un meilleur rendement

La pompe AMS paraît simple. « Elle l’est. Alors qu’une pompe rotative compte environ 25 pièces, nous n’en utilisons qu’une douzaine » précise Erik Guillemin. Conséquences logiques : elle est plus légère (deux fois plus pour les pompes à eau dans l’électroménager), moins encombrante, plus fiable, souvent moins bruyante, et sera vendue entre 20% et 30% moins cher que ses consœurs selon AMS.
« Mais ce n’est pas tout, renchérit l’entrepreneur enthousiaste, notre système est très doux. Il peut pousser tous les fluides fragiles comme du sang, sans les dénaturer. De plus, aucune pièce métallique n’est en contact avec le produit, ce qui ouvre son utilisation à des produits corrosifs. Enfin, ni usure, ni maintenance, grâce à l’absence de frottements entre les pièces (ndr : la membrane est en lévitation entre les bobines), ce qui nous permet de proposer une garantie de dix ans sur certains modèles. In fine, à usage équivalent, nos pompes consomment 30 à 50% de moins car leur rendement et bien meilleur. »
AMS veut un quart du marché mondial
L’objectif d’AMS est très ambitieux : 25% du marché mondial des pompes et compresseurs à terme. « Nous allons principalement licencier notre technologie à des fabricants déjà implantés, application par application” dévoile Erik Guillemin. Et le champ applicatif est vaste : du traitement de l’eau à la santé, en passant par l’électroménager, l’industrie, les piscines… En attendant, les prototypes et les démonstrations commencent à porter leurs fruits : AMS aurait trouvé plusieurs partenaires clients, notamment dans l’automobile, la pharmacie et l’industrie alimentaire, et espère lancer sa première pompe sur le marché en 2011.
Avis d’expert
Thierry Touratier, consultant R&D dans l’industrie automobile.
« Le système AMS intrigue l’industrie automobile depuis plusieurs années et semble prometteur. J’y vois trois avantages. D’abord, cette pompe répond aux problèmes posés par les fluides sales ou corrosifs. Ensuite, sa polyvalence est séduisante pour un industriel. Enfin sa fiabilité induite par sa simplicité est de bon augure pour les MTBF (ndr : Mean Time Between Failures, temps moyen entre pannes). Cependant, certains points restent à valider, notamment le vieillissement de la membrane et la nécessité d’y ajouter une commande électronique, qui pourrait peser sur le prix. »
AMS R&D en Bref :
- Création : 2005
- Activité : développement de systèmes de pompage innovants
- Effectifs : 6 personnes
- Chiffre d’affaire : en phase de R&D
- Clients potentiels : Gardena, Bosh, Siemens, Valeo, St Gobain, industrie nucléaire…
Sur le même thème : pompe
Thierry Touratier, consultant R&D dans l’industrie automobile.














irisyak | 23.04.10 à 09.18
Si ces pompes tiennent leur promesses il est possible d’imaginer des pompes à chaleur au CO2 à double étage.
La question des gaz freons et consors est alors résolue.