TF1 s’en remet à Ecovadis pour l’évaluation RSE de ses fournisseurs
Achats responsables | Aucune réaction
par | 03.05.10

Ethique, déontologie, respect de la diversité, empreinte écologique… Depuis 2006, TF1 s’emploie à soigner son image d’entreprise citoyenne. Il fut le premier média audiovisuel à établir un bilan carbone de ses processus de diffusion de contenus à l’antenne. Une éco-attitude renforcée en 2008 par l’apparition de la notion d’achats responsables dans le rapport développement durable du groupe. L’évaluation RSE de ses fournisseurs est confiée à Ecovadis.
Fin 2007, Jean-Michel Gras, issu de Bouygues Télécom, crée la direction Achats de TF1. Il est alors décidé d’évaluer les principaux fournisseurs de l’entreprise à l’aune de critères RSE (Responsabilité sociale et environnementale). Pour réaliser ce travail de notation, TF1 s’est tourné vers un jeune acteur indépendant : Ecovadis (un choix au niveau du groupe Bouygues ; le tout premier client d’Ecovadis fut Bouygues Télécom).
« L’acheteur reste avant tout un acheteur. Il doit veiller à la santé financière de ses fournisseurs, à la qualité de ses produits ou prestations, tout en négociant des tarifs les plus avantageux, explique Jean-Michel Gras. On ne peut pas lui ajouter des strates fonctionnelles à l’infini. »
200 millions d’euros d’achats couverts par une évaluation RSE en 2010

Jean-Michel Gras, Directeur des achats de TF1
Aussi, plutôt que de s’engager dans une méthode de notation extra-financière artisanale, le service Achats de TF1 a préféré s’en remettre à un spécialiste, capable d’automatisation. « Le spécialiste, ce n’est pas nous », concède Jean-Michel Gras. En matière d’évaluation RSE des fournisseurs, « sans Ecovadis, nous en serions encore à l’âge de pierre, dit-il. Pour une meilleure efficacité dans cette notation, nous avons jugé qu’il était impératif de s’appuyer sur la plate-forme d’un tiers. »
En lice avec l’offre de Enablon, la solution Ecovadis a été retenue pour la bonne ergonomie de son interface, la qualité de ses tableaux de bord et sa bonne implantation sur le marché. La plate-forme Ecovadis est désormais utilisée par une trentaine de grands comptes et les milliers de fournisseurs notés et présents dans la base de l’éditeur ont constitué une réelle garantie aux yeux de TF1.
Fin 2010, le montant des dépenses de TF1 faisant l’objet d’une évaluation RSE s’élèvera à 200 millions d’euros (contre 120 M€ en 2009 et 50 M€ en 2008). Soit un tiers des 600 M€ de budget achats que gère Jean-Michel Gras. Ce qui représente un peu moins de 100 fournisseurs. Formulé autrement, à la fin de l’année, 30% du périmètre achats du groupe seront couverts par une démarche de notation RSE.
Des fournisseurs mal notés évincés d’un appel d’offres
Au vu du large éventail de dépenses - achats techniques (informatique), diffusion et acquisition d’images, diffusion hertzienne, affaires générales (bâtiment, nettoyage…), etc. – comment TF1 a-t-il sélectionné les fournisseurs à évaluer en priorité ? La réponse frise le truisme : « les fournisseurs prioritaires sont logiquement ceux avec lesquels nous engageons les budgets les plus conséquents. Ceux-là, nous avons tendance à en évaluer tous les risques, aussi bien financiers que RSE », indique Jean-Michel Gras. C’est le cas notamment de TéléDiffusion de France (TDF), un très gros fournisseur de TF1.
Et de cette démarche de notation, certains en font les frais. Lors d’un récent appel d’offres portant sur un projet d’impression de catalogues pour l’émission TéléShopping, des candidats ont été évincés en raison d’un mauvais score RSE.
Mais, ce n’est pas la règle. Un fournisseur peut être passablement noté, sans pour autant être déréférencé. En ce cas, c’est sa capacité à s’améliorer que la direction Achats de TF1 surveillera de près…
Le modèle de scoring RSE d’Ecovadis tend à faire référence
La société est jeune et pourtant elle tend à faire référence en matière de notation RSE (Responsabilité sociétale et environnementale). Créée début 2007, Ecovadis propose une plate-forme collaborative (accessible en ligne sur internet sur abonnement) d’analyse des indicateurs de performance des acteurs de la chaîne d’approvisionnement sur le plan environnemental, éthique et social. Pionnière dans cette approche, l’entreprise compte encore peu de rivaux au niveau mondial, le Britannique Sedex étant le plus sérieux.
La plate-forme d’Ecovadis est aujourd’hui utilisée par une trentaine de grands comptes (Axa, Alstom, Bouygues Construction, Lafarge, Atos, Alcatel-Lucent…). Quelques milliers de fournisseurs sont référencés dans sa base de données.
La méthode d’évaluation repose sur 21 critères RSE et plus de 1500 questions réparties en trois thèmes : environnement (consommation d’énergie, gaz à effet de serre…), social (santé, sécurité, travail des enfants…), et éthique (corruption, pratiques anti-concurrentielles…). La plate-forme propose 150 profils d’achats (transport aérien, plastiques, hôtels, gestion de déchets…).
Compatible avec GRI ou ISO 26000
« Nous avons élaboré un modèle de scoring RSE », explique Pierre-François Thaler, Responsable du business development d’Ecovadis. Lequel tient à être clair : « nous ne sommes pas un label ! Ecovadis est une couche d’agrégation de données. » Ces informations sont issues des questionnaires proposés en ligne aux fournisseurs, des ONG ou organisations internationales, des analyses de documents effectuées par les experts d’Ecovadis, ou d’audits réalisés in situ par des sociétés de certification.
La méthodologie Ecovadis est compatible avec les standards internationaux de reporting RSE, comme GRI, Global Compact ou ISO 26000. Elle prend en compte toutes sortes de labels de qualité environnementale.
Plus Ecovadis se répand et plus sa base de données comporte de fournisseurs évalués RSE. De sorte que le processus - du coup, mutualisé - de notation des fournisseurs d’un nouveau client s’en voit accéléré. Cela sachant que l’évaluation d’un nouveau fournisseur peut être réalisée en une quinzaine de jours.
Pour l’heure, les revenus d’Ecovadis – que Pierre-François Thaler ne souhaite pas communiquer – sont générés en grande majorité grâce à la vente d’abonnements au service acheteur. Demain, l’objectif est d’équilibrer le chiffre d’affaires entre ce volet acheteur, et le service fournisseur. Un fournisseur pouvant souscrire à sa propre notation RSE dans une démarche volontariste. Histoire d’anticiper la demande de ses donneurs d’ordre ou… de se « benchmarker » et se situer face à ses concurrents…
Les motivations des directions achats à s'engager dans une démarche d'achats responsables. Source : Baromètre Achats Durables HEC-Ecovadis 2009
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