
Le groupe français Alizéo a mis au point une technologie d’éolienne rabattable qu’il veut notamment diffuser dans les zones cycloniques et tempétueuses.
De notre envoyé spécial - Perpignan (Pyrénées-Orientales) : De mémoire de pompiers perpignanais, on n’avait jamais entendu ça. Au bout du fil, plusieurs habitants signalent la chute subite d’une éolienne à la périphérie de la ville. Finalement la grande échelle restera à la Caserne. Nous sommes en janvier 2010 et les dirigeants d’Alizéo testent pour la première fois leur prototype d’éolienne rabattable. Trois mois plus tard, dans la bise catalane, Richard Lavaur - PDG du groupe Alizéo - s’amuse de la réussite de son premier bébé. « Vous appuyez sur un bouton, ça s’arrête et ça se couche à 10 mètres du sol. C’est tout simple. Bon, il y a quand même quelques heures de travail d’ingénieurs derrière tout ça ».
Une éolienne rabattable en cas de tempête. Si l’idée est originale, elle n’a rien d’inédite. Elle a même assuré la réputation d’une autre société française : le groupe Vergnet. « Ils ont été les premiers à proposer ce concept mais avec une autre technologie et pour des machines de plus basse puissance. La logique est différente. Ce que nous voulions c’était une simplicité de mise en œuvre ». Fin de la comparaison. Plutôt que de la concurrence, Richard Lavaur préfère parler de son prototype catalan érigé en début d’année. Une éolienne de 50 mètres de hauteur, 60 mètres de diamètre et qui revendique une puissance de production d’1MW (soit l’équivalent de la consommation électrique de 1000 foyers). Un concept que l’entrepreneur souhaite commercialiser à des opérateurs énergétiques de tous les continents. Mais aussi utiliser, à l’occasion, pour l’exploitation de ses propres parcs éoliens.


S’implanter aussi dans les campagnes
Pour renverser les 100 tonnes de leur éolienne, les ingénieurs d’Alizéo ont imaginé un principe de « basculeur ». Ce système relie de solides contrepoids à un vérin hydraulique afin d’incliner progressivement le mât de l’appareil. « En moyenne notre système met environ une heure pour basculer puis relever l’éolienne » précise Richard Lavaur alors que son crane frôle justement un « basculeur » en pleine descente. « En plus de la protection contre les cyclones, notre technologie facilite également l’assemblage et la maintenance de l’éolienne sur site. Nous réfléchissons d’ailleurs à une évolution pour l’éolien marin ». Pour l’instant cantonné à la terre ferme, l’éolienne Alizéo se facture 35 % plus cher qu’une machine classique, soit environ 2 millions d’euros pièce.
Malgré ce surcoût, le groupe français livrera bientôt six machines vers la Guadeloupe et une trentaine vers la Réunion. Des éoliennes qui intégreront un nouveau générateur synchrone à attaque direct. Cette technologie, rachetée sous licence exclusive auprès d’Areva, devrait améliorer la performance et réduire le bruit de fonctionnement. Un dernier atout qui a toute son importance dans la stratégie de déploiement d’Alizéo. En plus des DOMs, le groupe souhaite en effet aussi s’imposer en métropole où son innovation pourrait permettre de préserver les paysages lors des jours sans vent. « Dans une région comme Perpignan, vous avez environ cinq mois de vent à temps complet contre sept mois sans vent. Nous avons la volonté d’installer ce type de modèles dans les campagnes françaises » conclu Richard Lavaur. Le 18 n’a pas fini de sonner.
Alizeo en bref :
- Siège : Paris
- Usine : Franche-Comté
- Création : mars 2007
- Capital : 6-7 millions d’euros (familly office) ; levée de fonds avant l’été
- Objectif Chiffre d’affaires : 100 millions d’euros en 2011
- Effectif : avril 2010 : 40 personnes ; fin 2010 : 70 personnes
- Innovation : Brevets internationaux dans 20 pays
- Objectifs de production : 40 à 50 machines par an, déjà une dizaine de machines d’ici la fin 2010.
- Fiche technique : à consulter
- Vidéo démonstration : à consulter
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Riche Idée | 11.05.10 à 11.38
Une superbe idée ! Surtout que les tempêtes sont de plus en plus fréquentes dans certaines régions du monde !