Rama Yade : « On doit pouvoir réconcilier le sport et l’écologie »
Bonnes pratiques | Aucune réaction
par | 21.05.10

Le monde sportif français organisait ce jeudi à Paris ses premières « Assises nationales du sport et du développement durable ». L’occasion d’interroger Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des Sports, sur les défis et enjeux du sport durable.
Cleantech Republic : Avec ces assises, vous souhaitez démontrer que sport et développement durable ne sont pas forcément des domaines antagonistes ?
Rama Yade : J’avais eu l’idée d’organiser ces assises suite à la violente polémique qu’avait engendré le projet de construction d’un circuit de formule 1 à Flins (ndlr : Yvelines). Il est selon moi impensable que ce grand projet sportif ait été abandonné pour des raisons écologiques. On doit pouvoir réconcilier le sport et l’écologie.
Cela passe donc par cette journée d’échange…
C’est une première qui devra ensuite être reprise au niveau territorial de manière à faire remonter les bonnes politiques durables pour le sport français. Ainsi, nous pourrons travailler à l’automne sur une feuille de route qui sera rédigée par une instance nationale. Pour moi, cette interaction entre sportifs, ONG et entreprises est quelque chose d’exceptionnel.
Comment rendre le sport plus durable ?
L’important c’est d’abord de mobiliser les citoyens. La formation à l’école est évidemment au centre de nos discussions. La question des équipements est également importante. Il faut donner naissance aux stades et salles de demain. Il y a enfin l’accueil de grands événements en France comme l’Euro 2016 ou Annecy 2018. Nous devons présenter des dossiers techniques qui n’ont aucune faille sur le plan environnemental. Je souhaite placer le sport au cœur des enjeux de la société.
Avez-vous fixé des objectifs chiffrés aux fédérations pour la réduction de leur empreinte carbone ?
Nous n’en sommes pas encore à ce stade là, nous verrons cet automne. Mais la question des conventions d’objectifs est importante. Et c’est avec les experts que l’on définira les niveaux à fixer. Il faut déjà parler de la réorientation des subventions en fonction du facteur environnemental. Le ministère ne doit pas être un guichet auquel on s’adresse pour demander de l’argent sans se soucier du respect d’une norme environnementale.
La gestion des transports semble être un des axes importants…
C’est un sujet qui revient principalement aux fédérations. Ce sont elles qui organisent les événements. Le président de la fédération de basket a expliqué ce matin (ndlr : 20.05.2010) comment l’organisation des compétitions sportives peut être changée pour limiter l’impact environnemental du déplacement des participants.
Vous évoquiez le grand prix de France de Formule 1. Où en est ce dossier ?
Nous continuons de travailler sur ce sujet. L’idée est de sortir de la situation actuelle, c’est-à-dire d’une guerre de tranchées entre écolos et amateurs de Formule 1. Il y a sûrement des solutions alternatives. Nous devons travailler tous ensemble.
Et pourquoi pas un grand prix de France électrique ?
C’est une piste possible mais elle n’est pas unique. C’est aux fédérations de dire ce qui est pertinent sur le plan sportif. Sur le projet de Flins, le sport a perdu face aux écolos. Mais avec ces assises, on assiste au début d’un nouvel échange. Nous écoutons les ONG mais elles doivent aussi nous écouter.
L’équipe de France de football est actuellement en stage d’oxygénation à Tignes… Les footballeurs seraient donc, eux aussi, convaincus des bienfaits des « sports verts » ?
Typiquement… C’est en altitude !
Source photo : sports.gouv.fr / ©PANORAMIC-SES
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