
Tony Estanguet (Caonë), Sylvain Marconnet (Rugby), Jean Van de Velde (Golf) ou encore Jean-Pierre Vidal (ski)… Les premières « Assises nationales du sport et du développement durable » réunissaient jeudi à Paris quelques-uns des plus beaux palmarès du sport français. Préambule à des discussions en régions, l’événement aura permis de dresser, dans les grandes lignes, les enjeux d’un sport plus durable. Et surtout de mettre en lumière les bonnes pratiques déjà expérimentées par certaines fédérations.
Le rôle des événements sportifs
Au centre des discussions : l’organisation de compétitions sportives plus responsables. Qu’il s’agisse d’événements mondiaux comme les candidatures françaises pour les jeux olympiques d’hiver en 2018 ou le championnat d’Europe de football en 2016. Mais aussi de manifestations plus modestes, à l’instar des championnats de France d’aviron scolaires et universitaires prévus pour la fin du mois à Mâcon (71). Une compétition qui mettra ainsi l’accent sur le tri des déchets, l’usage de transports collectifs et bien sûr la préservation de l’eau. « En amont des grands événements, les organisateurs promettent toujours que tout sera parfait mais au final les bilans environnementaux sont souvent décevants relativise Michèle Pappalardo, Déléguée interministérielle au développement durable. Je conseille donc au monde sportif d’être humble en amont et très bon pour les résultats ». Une stratégie qui passe notamment par le choix de transports « doux » pour les concurrents et les spectateurs. « Aujourd’hui, 75% d’un bilan carbone d’une station de ski est lié aux transports explique Jean-Pierre Vidal, champion olympique de ski en 2002. Pour Annecy 2018, nous travaillons sur un projet transversal afin améliorer l’empreinte carbone de nos sites olympiques. Cela passera notamment par la mise en place d’un train des Jeux. » Une initiative qui fait écho à la stratégie d’optimisation des déplacements déjà menée en 2007 lors de la coupe du monde de rugby en France.
Des équipements éco-conçus
L’autre grand chantier concerne l’adaptation des infrastructures sportives aux nouvelles exigences vertes. Une évolution qui passe par la récupération d’eau, l’intégration de panneaux photovoltaïques ou l’éclairage basse consommation. Mais aussi par une meilleur intégration dans l’environnement urbain. « Nous devons créer de vrais lieux de vie qui intègrent des boutiques, des espaces verts ou des crèches explique Patrick Wincke, conseiller technique de la fédération de France de football. Pour l’organisation de l’Euro, nous ne voulons pas construire les stades de 2016 mais ceux de 2024, 2030 et 2040 ».
Sensibiliser les jeunes licenciés
Plus généralement, le monde sportif français ne pourra concrétiser ses bonnes intentions durables sans généraliser la réalisation de bilans carbone et la mise en place de programmes « éco-pédagogiques » à destination de ses plus jeunes licenciés. Il faudra aussi convaincre les plus sceptiques. Invité comme porte-parole des grands sponsors du sport, Franck Riboud, PDG de Danone a expliqué jeudi qu’il ne « fallait pas tout ramener à l’environnement. Les bouteilles, les papiers, les machins c’est bien mais le plus important pour moi c’est le sport à l’école et la compétition ». Ces Assises ne seront pas de trop.
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Carbone 11 | 22.05.10 à 00.16
C’est intéressant que le sport soit un moteur important de la prise de conscience des problématiques environnementales avec l’impact médiatique qu’il a.