Jean-Pierre Vidal : « Le développement durable est un des piliers de notre candidature »
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par | 03.06.10
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Jean-Pierre Vidal
Champion Olympique de slalom en 2002, Jean-Pierre Vidal préside aujourd’hui le Conseil d’Orientation « Développement Durable et Environnement » de la candidature d’Annecy aux Jeux d’hiver de 2018. Entretien autour de la stratégie « verte » du dossier haut-savoyard.
Cleantech Republic : Une dizaine de sites olympiques, 15 jours de compétition, des milliers de participants et de spectateurs… Les Jeux Olympiques peuvent-ils vraiment être « durables » ?
Jean-Pierre Vidal : Cela reste de l’événementiel. Des « jeux verts » cela n’existe pas. Si les Jeux Olympiques de 2018 se déroulent à Annecy, les compétitions auront forcément des impacts écologiques : les avions voleront et les spectateurs viendront. L’idée c’est de mener une réflexion pour limiter ces impacts pendant la quinzaine et faire de ces jeux une chance pour la région sur 30 ans. Il y a 16 millions de skieurs en France. Ils viennent chaque année dans nos stations. Les Jeux Olympiques peuvent permettre de limiter l’impact annuel de cette clientèle en améliorant par exemple les transports « propres » en station ou en construisant des bâtiments HQE.
En quoi consiste ce Conseil d’Orientation « Développement Durable et Environnement » que vous présidez ?
C’est un comité de réflexion qui travaille de manière transversale. Il regroupe une vingtaine d’ONG comme Mountain Riders ou Prioriterre qui suivent le dossier à mes côtés. Nous sollicitons également des experts sur des thèmes spécifiques comme l’éco-conception ou la mobilité. C’est un mode de fonctionnement assez original. Nous avons réussi à faire comprendre aux ONG que les Jeux Olympiques pouvaient être une chance. Cela permet d’avoir une vision commune. Le développement durable est un des piliers de notre candidature.
Pour une manifestation de cette envergure, la priorité « durable », c’est d’optimiser les réseaux de transports doux…
Oui. L’idée c’est d’emmener les spectateurs le plus près possible des sites de compétition en transports ferrés. L’accès au train sera ainsi gratuit pour tout achat d’un billet pour les épreuves. A Chamonix, on pourra arriver à 300 mètres de l’arrivée de la piste du Kandahar avec le train. Quand il ne sera pas possible de développer une gare en station, nous utiliserons les transports doux. C’est un sujet sur lequel il faut être visionnaire, bien anticiper les enjeux de demain. Nous pensons aux véhicules roulant à l’électrique et à l’hydrogène sachant que l’électrique n’est pas forcément très fiable avec le froid. Ces transports resteront après les jeux. Comme le TGV qui sera prolongé de Lyon à Annecy, mettant la ville à 3 heures de Paris.
Quelles sont vos idées en terme d’infrastructures, de bâtiments ?
Nos constructions devront être à énergie positive. Plus largement, nous avons envie de développer la filière bois dans la région. Le bois est une matière première, une source d’énergie et il permet de stocker du CO2. Ce matériau a aussi un intérêt social car nous pensons qu’il peut permettre de créer un grand nombre d’emplois dans nos montagnes. Son dernier atout c’est qu’il permet des constructions démontables. On est capable aujourd’hui de faire des gradins puis de les démonter pour laisser le terrain comme à l’origine. Ce bois pourra être utilisé, après les jeux, pour construire d’autres logements ou pour produire de l’énergie.
De l’énergie renouvelable donc…
Nous avons la chance de bénéficier du soutien de la Compagnie Nationale du Rhône qui est assez experte sur ces questions. Il est envisagé de construire une centrale solaire à Annecy pour alimenter le centre média des jeux. Notre chance c’est qu’en montagne, l’ensoleillement est prédominant. Le territoire dispose également de beaucoup d’eau. Nous envisageons d’utiliser les centrales hydrauliques pour renforcer les besoins d’électricité pendant les jeux.
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