
700 pages et près de 2 kilos de papier : voilà les mensurations de l’ETP 2010 (Energy Technology Perspectives). Dévoilée ce matin à Paris, cette publication vise à diffuser le point de vue de l’Agence Internationale de l’Energie en matière d’utilisation des cleantechs. « Nous voulons démontrer que nous pouvons construire l’avenir de l’énergie avec des technologies propres et compétitives » résume Nobuo Tanaka, Directeur de l’agence. Pour cela, la troisième édition de l’ETP dresse une série de recommandations en fonction des usages de l’énergie (bâtiment, industrie, transport…) et des différentes régions du globe. L’agence comparant, pour chaque critère, les chiffres d’un scénario de référence - dans lequel les émissions continuent de grimper - avec ceux de son synopsis idéal, baptisé BLUE Map. Ce dernier étant basé sur une réduction par deux des émissions mondiales de CO2 d’ici 2050 (base 2007).

Scenarios ETP 2010 par secteur
Soutenir un panel varié de technologies
Dans le cadre de ce travail de prospective, l’agence estime tout d’abord que les économies nationales devront s’appuyer sur un large panel de cleantechs si elles veulent atteindre l’objectif ambitieux de moins 50% d’émissions en 2050. D’où l’importance de mettre en place des politiques publiques favorables au développement et à la démonstration de ces technologies vertes : recherche, financement d’expérimentations… Plus largement, l’ETP 2010 évalue les besoins d’investissements des cleantechs sur la période 2010-2050 à environ 316 000 milliards de dollars. Un effort principalement porté par la demande. C’est-à-dire les achats des particuliers (véhicules, électroménager…) et ceux des industriels (machines…).

Développer le Captage et Stockage du CO2
Au niveau technologique, l’agence milite notamment pour le développement rapide et soutenu des projets de Captage et Stockage du CO2 (CSC). Il s’agit bien sûr de limiter les émissions de l’industrie mais aussi de compenser les effets de la production d’électricité à partir de combustibles fossiles. Ces technologies « palliatives » ne font pourtant pas l’unanimité dans le monde de l’énergie. Ainsi, Olivier Appert, Président de l’IFP jugeait ce matin lors de la présentation de l’ETP 2010 qu’il « ne fallait pas sous-estimer le coût et le problème d’acceptabilité sociale du CSC ». Du côté des transports, le scénario BLUE Map de l’ETP juge que les usages cumulés des biocarburants, de l’électricité et de l’hydrogène pourraient représenter près de la moitié de la consommation d’énergie du secteur des transports en 2050. Une ambition qui cadre avec les bons mots de Nobuo Tanaka lors de sa présentation parisienne de ce matin : « Pour la première fois, nous ressentons l’arrivée du changement. Nous devons accélérer cette révolution, maintenir le focus sur l’efficacité énergétique. » Un challenge qui se gagnera à l’énergie.
En savoir plus : Energy Technology Perspectives 2010 sur le site de l’AIE
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