L’Oréal mise sur la nature et la chimie verte pour ses nouveaux cosmétiques
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par | 21.07.10

Numéro un mondial des cosmétiques, le groupe français L’Oréal appuie sa stratégie durable sur l’usage d’ingrédients issus de sources renouvelables et sur le développement de la chimie verte. De quoi verdir une image jusqu’ici peu associée à des méthodes naturelles.
150 produits vendus par seconde. C’est la statistique commerciale vertigineuse que revendique le géant mondial des cosmétiques L’Oréal. Malgré de tels volumes de vente, le groupe français se présente désormais comme l’un des grands défenseurs d’une production plus responsable. Porte-parole de cette démarche, Francis Quinn - directeur du Développement Durable de L’Oréal - annonce ainsi vouloir faire souffler un vent nouveau dans le monde de la beauté. « Quand vous êtes leader sur un marché, vous bénéficiez d’une renommée considérable, mais vous avez aussi la responsabilité de montrer ce qu’il est possible de faire. »
S’assurer du caractère renouvelable des ingrédients

Francis Quinn - L'Oréal
Derrière ces bons mots, la quête de durabilité de L’Oréal se traduit d’abord par l’usage croissant d’ingrédients naturels. « Aujourd’hui, 40 % de nos ingrédients sont issus de sources renouvelables précise Francis Quinn. Et nous utilisons plus de 200 plantes issues de l’agriculture biologique. » Des composants dont les impacts sur l’environnement et la biodiversité sont systématiquement évalués par les équipes d’audit de L’Oréal. Cette démarche a récemment permis au groupe de se distinguer sur l’épineuse question de l’huile de palme. Selon de nombreuses ONG, la production de ce liquide végétal contribuerait en effet sérieusement à la déforestation de l’Indonésie et de la Malaisie. Désormais acheteur d’une huile « durablement sourcée », le groupe français a ainsi été classé parmi les bons élèves du WWF aux côtés de Marks & Spencer, Unilever ou Cadbury [1].
La pétrochimie cède sa place à la chimie verte
Mais pour traiter épidermes et cheveux, il est parfois difficile de ne compter que sur Dame Nature. « La chimie verte est la réponse pour les 60% d’ingrédients non naturels. Cette démarche proactive a permis dans certains cas de trouver des alternatives d’origine végétale aux matières premières issues de la pétrochimie. 70 % des polymères nouvellement enregistrés sont ainsi d’origine végétale » se félicite Francis Quinn. Initiée il y a une quinzaine d’années, cette implication du groupe dans la chimie verte est aujourd’hui promise à un avenir verdoyant. Dernier exemple en date, l’utilisation du Pro-Xylane, une molécule anti-âge dont la matière première est issue de l’écorce d’un arbre. Grâce à la chimie verte, les équipes de L’Oréal transforment désormais ce suc dans un milieu aqueux pour en faire une « recette » anti-âge présentée comme 100% biodégradable.
Généraliser l’éco-conception
Plus globalement, le groupe français veut généraliser l’éco-conception de ses cosmétiques pour peaufiner son image « écolo » et ainsi contrer l’émergence de produits concurrents étiquetés bios ou verts. « Nous avons développé une approche prédictive qui permet d’évaluer l’impact environnemental d’un futur produit au moment de sa conception. C’est une approche structurelle ». Prochaine étape de cette démarche : le contenant. L’Oréal s’est fixé un objectif mondial de réduction des emballages plastiques d’au minimum 700 tonnes par an. Soit un peu plus de 22 grammes par seconde.
[1] Lire le rapport sur le site du WWF
Photo : Huile d’argan - Crédit : Isabelle Walter / L’Oréal Recherche
Sanoflore : des colorants issus d’huiles végétales
Rachetée en 2006 par le groupe L’Oréal, l’entreprise provençale Sanoflore est spécialisée dans la culture des herbiers et l’extraction des huiles. Elle représente, selon Francis Quinn, un véritable laboratoire pour les futurs produits du groupe. « Afin d’exploiter ce « trésor », nous avons construit une plateforme robotisée permettant d’identifier les futurs colorants issus de ces huiles. Grâce à ce savoir-faire, nous disposons d’une richesse naturelle sans égal. C’est un investissement à très long terme. » Le 1er mars dernier, L’Oréal a néanmoins cédé l’usine drômoise de Sanoflore au groupe ardéchois Fareva. Mais la multinationale a gardé la main sur la commercialisation des produits de la marque et sur son équipe de R&D.
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