
En matière de développement durable, certaines stratégies tombent sous le sens. Comme celles des grands industriels dont les mesures « vertes » visent en priorité à réduire l’impact de leur production sur l’environnement. Ou celles des transporteurs qui optent pour des véhicules moins polluants. Dans l’univers de la communication, la manoeuvre pourrait sembler plus complexe. Peu exposé aux risques environnementaux, le groupe français Vivendi a ainsi décidé d’axer sa stratégie durable sur des objectifs sociaux. « Dès 2003, Vivendi s’est fixé trois enjeux de développement durable spécifiques : la protection et l’accompagnement de la jeunesse, la promotion de la diversité culturelle et le partage des connaissances » explique Pascale Thumerelle, Directrice du Développement Durable de Vivendi. Des objectifs repris en fonction de leur cœur de métier par les filiales du groupe.
Deux ans pour une certification
Ce positionnement n’empêche pas le titan des médias de se pencher – aussi – sur ses enjeux environnementaux. En septembre dernier, Vivendi a ainsi obtenu la certification européenne EMAS (ndlr : Eco management and audit scheme) pour son siège de l’avenue de Friedland à Paris. Une distinction décernée par le ministère du Développement durable qui permet au groupe de rejoindre un club restreint d’entreprises comprenant notamment Audi, Volkswagen ou STMicroelectronics. « Nous avons lancé le processus à la mi-2007. Il nous a fallu deux ans pour obtenir la certification. C’est une action de progrès, car EMAS exige d’impliquer aussi la direction et les salariés dans le processus de changement ». Un travail de fond récompensé par une double médaille : le « label » européen délivrant automatiquement la norme ISO 14001.
Des initiatives concrètes
Sur un plan pratique, la quête du label EMAS s’est traduite par une optimisation des consommations d’énergie du site, par la suppression d’équipements contenant des substances appauvrissant la couche d’ozone, par le lancement d’une campagne de sensibilisation à l’éco-conduite ou encore le recyclage de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Une politique pilotée par une « Green Team » interne de neuf membres en coopération avec le prestataire de maintenance du site*. La certification obtenue, il s’agit maintenant de garder le cap. « Désormais, tous les contrats de fournisseurs intègrent une part importante de produits éco-conçus : fournitures, achat de papier… » précise ainsi Pascale Thumerelle. Selon Vivendi le taux de produits « verts » commandés serait passé de 20% en 2008 à 33 % en 2009. Une tendance « qui contamine » d’ailleurs désormais les filiales du groupe : coffrets CD en carton pour Universal, boitiers logiciels éco-conçus pour Activision ou box ADSL moins énergivores chez SFR .
* Le groupe Vivendi n’a pas souhaité communiquer l’identité de ce prestataire
Vivendi en bref
- Siège : Paris
- Activités : communication et divertissement
- Création : 1853 (Compagnie générale des eaux) - 1998 (Vivendi)
- Chiffre d’affaires 2009 : 27 132 millions d’euros
- Effectif : 49 000 salariés
- Implantations : 77 pays
- Filiales : Activision Blizzard, Universal Music Group, SFR, Groupe Maroc Telecom, GVT, Groupe Canal+, ZaOza
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