Isabelle Autissier : « Les entreprises ont intégré la question environnementale »
Bonnes pratiques, Grand entretien | Aucune réaction
par | 02.08.10
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Isabelle Autissier - WWF
Navigatrice, romancière ou chroniqueuse radio, Isabelle Autissier vit au rythme de ses passions. Depuis fin 2009, cette écologiste passionnée préside également aux destinées du WWF en France. Et ne manque donc pas d’avis sur les problématiques de l’économie verte. Entretien.
Cleantech Republic : vous avez été élue présidente de la branche française du WWF en décembre dernier. Quel regard portez-vous sur ces six premiers mois de présidence ?
Isabelle Autissier : En fait, quatre jours après mon élection, je suis partie en mer pour trois mois. Même si j’avais internet à bord, je dirais donc que les premiers mois de ma présidence ont été un peu « éloignés ». Une fois revenue à terre, j’ai d’abord consacré beaucoup de temps à rencontrer les différentes équipes françaises du WWF, les pouvoirs publics et les autres organisations avec lesquelles nous travaillons. Ceci fait, j’ai commencé à faire valoir les choses qui me paraissaient importantes en tant que présidente. C’est-à-dire fixer des grandes idées et surtout assurer la conduite du conseil d’administration.
Le WWF est traditionnellement très impliqué sur les questions de biodiversité et d’éthique. Plus récemment votre organisation a pris position sur l’hydroélectricité, l’énergie éolienne ou l’éco-construction. Ces thématiques sont devenues incontournables ?
Notre métier consiste à faire en sorte que l’homme se réintègre dans son environnement. Aujourd’hui, les sociétés humaines ont besoin d’énergie. La question est donc de privilégier une production énergétique qui ait le moins d’impact possible sur la nature. Dès lors, le solaire et l’éolien semblent forcément préférables au pétrole, au charbon ou au nucléaire. Plus généralement, nous faisons partie des gens qui pensent que le négawatt est une très bonne solution.
« L’écologie militante » ne serait donc pas incompatible avec l’économie…
Je ne vois pas pourquoi cela serait incompatible. Nous ne nous réveillerons pas un matin dans une société écologique par un coup de baguette magique. Jusqu’à preuve du contraire, nous sommes dans une société d’économie marchande. Il faut partir de là, sinon nous ne serons pas écoutés. Je prendrais l’exemple de l’agriculture industrielle. Aujourd’hui, cette forme de production détruit des emplois, donne aux gens qui travaillent une qualité de vie dégueulasse et déverse des tonnes de polluants dans la nature. Nous disons qu’une agriculture bio, ou au moins durable, respecte davantage la nature, donne plus d’emplois et aboutit à un meilleur produit pour le consommateur.
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