Isabelle Autissier : « Les entreprises ont intégré la question environnementale »
Bonnes pratiques, Grand entretien | Aucune réaction
par | 02.08.10
| Précédente | Suivante |

Le WWF a engagé des partenariats avec plusieurs entreprises privées comme Orange, Ikéa ou plus récemment le Crédit Agricole… En quoi consiste ces accords ?
Le WWF compte 160 000 donateurs en France dont 60% de dons privés. Le reste provient de partenariats avec des entreprises. Cette donation est toujours accompagnée d’une évolution des pratiques environnementales de l’entreprise ou d’un travail autour de l’éco-conception de ses produits. C’est en général un partenariat sur trois ans avec une série d’objectifs à atteindre. Cela peut concerner leur cycle de production, le transport de leur personnel ou la gestion de leurs déchets. Au niveau des PME, cela passe le plus souvent par le biais de produits qu’on va labelliser en mettant le panda dans un coin.
Est-ce qu’il n’y a pas parfois un risque de contradiction ?
Non parce que ce n’est pas qu’une source de revenus. Ces entreprises souhaitent travailler avec nous pour faire évoluer leurs pratiques. Si le « label panda » a plutôt bonne réputation, c’est justement parce que nous avons un certain niveau d’exigence. Quand nous nous associons à une entreprise, nous sommes là aussi pour lui dire ce qui ne va pas. Ce sont d’ailleurs plutôt les entreprises qui nous contactent que l’inverse.
Les mentalités ont changé ?
Je dirais qu’aujourd’hui toutes les entreprises, grosses ou petites, ont intégré qu’elles devaient travailler sur la question environnementale. Depuis que je suis présidente, je n’ai rencontré personne qui me dise « écoutez moi je m’en fous ! ». Après, bien sûr, les dirigeants mettent plus ou moins de bonne volonté. En tout cas, notre objectif est qu’ils aillent le plus loin possible et le plus vite possible.
Autre type d’interlocuteurs : les politiques. Votre organisation semblait globalement satisfaite du Grenelle 2…
Il y a pas de raison de jeter le bébé avec l’eau du bain. Bien sûr, le texte final n’est pas à la hauteur de ce qui avait été acté lors des discussions. Notamment concernant la trame verte et bleue, l’éolien, la question des pesticides ou l’étiquetage écologique. Ce sont des sujets sur lesquels nous sommes très déçus et nous l’avons fait savoir. Mais il y a quand même des choses qui avancent comme l’exigence de 50 kWh/an/m² pour les bâtiments neufs. Si nous voulons être crédibles, il faut aussi être capable de reconnaître les décisions qui vont dans le bon sens.
En attendant le Grenelle 3 que Chantal Jouanno appelle de ses voeux…
Vous savez, on peut parfois être d’accord avec Chantal Jouanno… Il y a encore tellement de choses à faire. Cela dit, je ne suis pas sûr que ses petits camarades du gouvernement soient d’accord pour lancer un Grenelle 3.
Est-ce que la lutte contre le changement climatique repose avant tout sur la réglementation ?
La réglementation est essentielle dans cette affaire, mais elle ne fait pas tout. Par exemple, dans le secteur du bâtiment, les nouvelles règles de rénovation ou de construction sont essentielles parce qu’elles obligent les acteurs à s’aligner. Mais on ne pourra jamais obliger les gens à se rendre au travail à pieds ou en vélo plutôt qu’en 4X4. L’Etat et les collectivités locales ont aussi un rôle incitatif. Comme par exemple en investissant dans des réseaux de tramway ou dans la location de vélos en libre-service.
| Précédente | Page 2 / 3 | Suivante |
Sur le même thème : WWF













