Eolas fonde son futur datacenter éco-efficient sur une démarche holistique
par | 27.08.10

Le 2 juillet dernier, le site destiné à accueillir le futur datacenter d’Eolas et situé rue du Général Mangin à Grenoble a été inauguré en présence de personnalités politiques locales.
Le futur centre de données grenoblois d’Eolas, la filiale de Business & Decision spécialisée dans les services managés sur Internet, sera opérationnel début 2011. La première tranche de ce datacenter présentera une puissance IT de 110 kW. Elle a été conçue pour atteindre une efficience énergétique des plus performantes. Le PUE (Power Usage Effectiveness) visé sera de 1,35. L’entreprise a inscrit la définition de ce datacenter dans une démarche holistique.
Au-delà du seul volet informatique ou électrique, cette approche holistique consiste à considérer l’ensemble des éléments concourant à l’augmentation de l’efficacité énergétique d’un datacenter. Une posture facilitée par la nature du projet « Mangin » (du nom de la rue du Général Mangin où sera situé le centre de données à Grenoble) : il ne s’agit pas d’optimiser un datacenter existant, mais d’en créer un flambant neuf à partir d’une feuille vierge. Et cela en se conformant aux consignes d’éco-performances du marché, telles que celles du Code of Conduct européen ou celles de The Green Grid, et en appliquant à soi-même les préceptes de sa propre charte de bonnes pratiques « GreenEthiquette ».
L’eau d’une nappe phréatique pour refroidir les serveurs
La réflexion a d’abord porté sur l’emplacement de Mangin. Plutôt que de bâtir un nouveau bâtiment, le choix a été retenu de réhabiliter un ancien centre d’essais scientifiques promis à la démolition. La destruction et le recyclage de 1500 m3 de béton, ainsi que la construction d’un nouvel édifice seront ainsi évités et 100 tonnes de CO2 économisées.
La localisation en Isère n’est pas un hasard. Certes, Eolas a grandi à Grenoble. Mais, « la France a des atouts pour devenir la terre d’accueil de centres de données, estime Jean-Michel Franco, Directeur des solutions chez Business & Decision. La région Rhône-Alpes est particulièrement propice. » L’Isère bénéficie d’un gisement solaire parmi les plus élevés de France. Aussi, une centrale photovoltaïque d’une puissance de 72 kWc sera-t-elle installée sur les toits et en façade sud du centre d’hébergement. Les 81 MWh produits annuellement seront revendus à Gaz Electricité de Grenoble (autrement dit, les serveurs ne seront pas alimentés par l’énergie solaire), de quoi soigner l’amortissement du projet… et son image.
Eolas a également contracté avec GEG, qui alimentera Mangin en électricité issue à 100% d’énergies renouvelables, à savoir de barrages hydroélectriques. Autre avantage des ressources locales en eau : la présence de nappes aquifères. Précisément, l’eau à 13,5°C d’une nappe phréatique située sous le terrain du bâtiment sera utilisée pour refroidir les serveurs. Les systèmes de climatisation sont fournis par APC (Schneider).
Des onduleurs suivent la charge IT par incréments de 16 kW
Original, les unités de refroidissement seront intégrées directement - « in row » - entre les baies de calcul, quand plus traditionnellement, un datacenter est ventilé au niveau de la salle. Dans cette configuration, le déplacement de l’air froid est direct et la charge climatique évolue en fonction de l’ajout de machines, sources de dégagement de chaleur. Hormis un groupe froid de secours, cette solution « in row » évite le rejet de chaleur énergivore des tours frigorifiques. A noter qu’en termes d’urbanisation du datacenter, la séparation des allées chaudes – confinées - et froides sont des principes retenus pour Mangin et largement répandus aujourd’hui.
S’agissant de l’alimentation des baies, deux onduleurs évolutifs Symmetra PX160 d’APC, d’une capacité de 160 KVA chacun, permettent de suivre la charge IT par incréments de 16 kW. Ce qui évite de dégrader le PUE en présence d’onduleurs surdimensionnés. Enfin, au chapitre de l’informatique proprement dite, le premier lot du datacenter pourra accueillir 882 unités serveurs Intel Xeon série 5600 et 7600, qui intégreront des accélérateurs pour la virtualisation. Laquelle reposera sur les solutions de VMWare.
Sur le papier, le projet Mangin, qui a nécessité pour sa première tranche un investissement de 6 millions d’euros, est ambitieux. Il restera maintenant à vérifier l’objectif d’un PUE à 1,35 en rythme de croisière, Eolas assurant disposer d’outils de suivi permanent de mesure de cet indicateur…
Crédit photo : Eolas et Grenoble Habitat
Les partenaires d’Eolas sur le projet « Mangin »
- Grenoble Habitat - réhabilitation du bâtiment qui accueillera le centre de données
- Schneider Electric/APC - distribution électrique et refroidissement
- Intel - fourniture des serveurs
- Caisse des Dépôts – soutien financier
- GDF Suez – mise en œuvre de la centrale photovoltaïque
Les projections énergétiques du futur datacenter
Selon H3C énergies, missionné par Eolas pour réaliser une expertise du projet de « green datacenter », le design de « Mangin » permet d’économiser 819 MWh d’électricité par an par rapport à un datacenter de facture classique, et 8 132 MWh par rapport à un datacenter « classique » fournissant le même service, mais sans virtualisation.
Pour en savoir plus
* Consulter la synthèse du rapport rédigé par la société de conseil en énergies H3C énergies ou demander le rapport complet à cette adresse
Sur le même thème : datacenter, efficacité énergétique















Fred | 4.10.10 à 11.11
Dans le sud aussi çà bouge du côté des datacenters écologiques, Jerlaure a une bonne croissance dans ce domaine (l’expérience en plus
Pour info : http://www.jerlaure.fr/
(Bravo pour votre site! Très pertinent)