Dimanche 24 septembre 2017

Le rapport Charpin provoque l’ire de la filière photovoltaïque

Solaire | 4 réactions

par Baptiste Roux Dit Riche | Cleantech Republic | 08.09.10

Depuis une semaine, l’économiste Jean-Michel Charpin ne doit plus compter beaucoup d’amis parmi les professionnels français de l’énergie solaire. Chargé par l’Inspection Générale des Finances de diriger un rapport sur l’étude de la filière photovoltaïque, cet actuel administrateur d’ERDF a présenté, le 3 septembre, des conclusions peu appréciées par les acteurs d’un marché encore naissant. Ses principales préconisations : contrôler les volumes de production, orienter la R&D vers les grands industriels français et surtout réguler les tarifs d’achats à la baisse.

Deux communiqués, deux critiques du rapport Charpin

Dans des communiqués de presse - diffusés respectivement aujourd’hui et lundi - l’association professionnelle Enerplan et le producteur d’énergie solaire Photosol ont fait part de leur déception suite à ce nouveau coup porté au photovoltaïque. Un secteur déjà touché ces 15 derniers jours par une baisse des tarifs d’achat de l’électricité et une réduction du crédit d’impôt de 50 % accordé aux particuliers s’équipant de panneaux solaires. Principal casus belli pour les deux acteurs : la notion de « péril financier » utilisée par le rapport Charpin pour décrire le coût de développement du photovoltaïque français. Les deux communiqués regrettent également la vision très pessimiste du rapport sur l’opportunité énergétique que représente la technologie solaire mais aussi sur son potentiel en terme de créations d’emplois.

Un rapport pro-nucléaire ?

Unis dans la critique, les deux structures manifestent néanmoins leur mécontentement avec plus ou moins de vigueur. Assez timorée, Enerplan considère que le rapport Charpin reste le fruit d’un travail effectué « sérieusement avec une équipe qui a pris le temps d’écouter les différents acteurs ». L’association professionnelle précise d’ailleurs qu’elle souhaite être « partie prenante » de la concertation automnale sur le photovoltaïque récemment annoncée par Jean-Louis Borloo. Une prudence qui contraste avec le positionnement plus « musclé » de Photosol. Le producteur d’énergie s’interroge notamment sur la proximité de Jean-Michel Charpin avec la filière nucléaire. L’économiste est en effet un ancien administrateur d’EDF (1998 - 2004), a rédigé en 2000 un rapport intitulé « Etude Economique Prospective de la Filière Electrique Nucléaire » (2000) et est actuellement administrateur d’ERDF. Un mélange des genres en haut-lieu ? Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite.

A consulter

Le Syndicat des Energies Renouvelables reste confiant

Au petit jeu des communiqués, la réaction de la branche photovoltaïque du Syndicat des Energies Renouvelables (SER-SOLER) se veut assez nuancée. Dans une missive diffusée ce matin, le syndicat énonce d’abord ses deux principaux points de désaccord avec le rapport de l’Inspection Générale des Finances. Ils portent sur le contrôle des volumes de productions et sur l’évaluation du coût de la CSPE (Contribution au Service Public de l’Electricité). Mais le SER-SOLER explique, dans le même temps, sa satisfaction de « voir le potentiel industriel de la filière solaire reconnu pour la première fois par une des plus hautes instances de l’Etat ».

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Vos réactions

DM | 12.09.10 à 11.56

Quelle honte ce rapport Charpin ! Bravo pour les réactions qui balayent un à un les arguments mensongers de l’IGF. A lire en complément cette étude qui remet en cause l’intérêt purement financier du nucléaire : http://heloim.sinclair.over-bl.....75177.html

LL | 14.09.10 à 18.49

Scandaleux ! Evidemment il y a connivence entre l’Etat et le nucléaire. Tant que l’argument électoraliste fonctionne, il est de bon ton d’aider à la structuration du marché PV.
Quand ce consensus est encore plus mis à mal par une polémique souvent irrationnelle de la raison d’être de cette filière, conjugué au besoin de faire des coupes franches budgétaires, voici le résultat.
Par ailleurs, encore une belle conséquence à la française : la clarté des tarifs subventionnés ne vaut pas les subventions en catimini du nucléaire qui ont été prélevées sur les contribuables ces quarante dernières années.
Le Français préfère qu’on lui pique en douce pour alimenter une industrie dont on connaît les risques et les coûts, plutôt que d’accepter des projets visibles dans l’espace et dans la comptabilité du contribuable, mais sans doute plus propres. Un choix de société !

Haricot Vert | 4.10.10 à 18.01

Je peux comprendre les réactions précédentes car il est vrai que le rapport critique sans ménagement le fonctionnement actuel de la filière, et remet en cause le bien fondé de la filière !
Néanmoins, il a le mérite de poser des questions très pertinentes qui nous sortent de notre bienveillance (parfois notre angélisme) vis a vis des énergies renouvelables:
Le financement de cette filière n’est-il pas démesuré vis à vis de la contribution économique et même environnementale du solaire ?
Le solaire en France génère peu d’activité durable (beaucoup d’installateurs surfant sur le boom, mais peu d’industriels), et de plus le coût de la tonne de CO2 évitée est 10 à 20 fois plus élevé que le prix du marché !
Le solaire a certainement un avenir radieux devant lui (au propre comme au figuré !) au niveau mondial, mais il faut réorienter nos dépenses dans cette filière si l’on veut réellement qu’elle soit bénéfique à notre économie et à l’environnement !

Reyne | 21.12.10 à 22.22

Mon point de vue

L’IMPOSTURE ENERGETIQUE

M.Reyne, ingénieur, ex-directeur des Etudes Technico-économiques à la CEGOS

Les énormes subventions accordées pour l’éolien, et surtout le photovoltaïque, ont constitué un appât à la fois pour les consommateurs qui perçoivent en sus des crédits d’impôts, et pour les installateurs qui se précipitent également sur cette manne. Tel est le cas d’AREVA, EDF- Energies Nouvelles, GDF-SUEZ, et TOTAL, plus tous les chasseurs de primes affiliés au SER.
Tout cela alors que la France ne fabrique aucun des éléments constitutifs de haute valeur ajoutée pour ces énergies d’appoint intermittentes.

Il faut savoir quel en est le coût :
- Importations
. Nacelles d’Eoliennes: environ 120 millions € pour chacune des années 2008 et 2009, essentiellement d’Allemagne + DK (Enercon, Siemens, Vestas), et d’Espagne (Gamesa). Soit, 2.000 à 4.000 unités importées par an.
Voir code 85 02 31 00 statistiques du Commerce Extérieur
. Cellules PV: L’essentiel est présentement d’Extrême Orient (Chine et Japon), Allemagne (Q’Cells) ou USA (First Solar).Environ 1 milliard € en 2009 et 1,8 milliard € pour 2010
Voir code 85 41 40 90, statistiques du Commerce Extérieur
- Subventions
. 2 à 3 fois le coût du mix nucléaire-hydraulique pour l’éolien terrestre, le double en « off shore »
. 8 à 12 fois pour le photovoltaïque
Le rapport Charpin du MINEFI-2010 précise même que la production d’électricité coûte 70€/MWh pour le photovoltaïque et plus de 200€/MWh (Nucléaire : 32, Hydraulique : 50).
De plus, la France a perdu, 2,4 milliards € pour 2010 en crédit d’impôt pour « l’équipement vert »
L’écart entre le tarif d’achat et le prix de marché étant financé par les consommateurs d’électricité via la contribution au service public de l’électricité (CSPE)… impôts nouveaux déguisés.

Et, pour quel résultat :
L’éolien représente environ 1 % de la consommation française d’énergie, le photovoltaïque de l’ordre de 0,1 % et naturellement elles contribuent à accroître les émanations de CO 2 car l’électricité fonctionne en continu et pour pallier la manque de vent convenable ou le manque de soleil (en particulier la nuit) on doit faire appel à des centrales à flamme (gaz ou charbon fossiles).
Est-ce utile, alors que nous disposons d’un parc nucléaire et de barrages hydrauliques loin de l’obsolescence que deux EPR vont prochainement compléter ? alors que la sortie de crise économique se fait attendre (sauf éventuellement comme appoint pour des sites isolés ou d’outre-mer).

Ajoutons que les rendements de ces énergies restent faibles :
Autour de 25 % pour l’éolien terrestre (pannes et maitenance) et, par bon soleil, 10 à 15 % pour le PV en fonction du type de silicium (5 à 6 % seulement pour le Si amorphe : couches minces).

De plus « l’énergie grise », celle de la fabrication des équipements, reste défavorable à ces énergies :
. A production identique, l’éolien consomme environ 10 fois plus de béton et d’acier que le nucléaire (socle terrestre : 150 t, qui ne sera jamais retiré). Il faudra environ 4 ans de fonctionnement au photovoltaïque pour rendre son énergie de fabrication (réalisation du silicium mono ou polycristallin), de plus son recyclage de métaux lourds pose problèmes.

A cela s’oppose le chantage à l’emploi, car évidemment les installations d’EnR font appel à une main d’œuvre importante pour la pose et la maintenance. Mais ne faut-il pas préserver l’emploi dans des domaines où la France dispose d’une expérience mondialement reconnue de ses ingénieurs, et à l’exportation de ce « savoir-faire » de haute technologie ? Il existe d’énormes besoins mondiaux : plus d’un milliard d’individus restent sans électricité : manque d’eau potable (*), pas de lumière le soir.

(*) C’est « le marché de la faim » : 70 % des besoins pour l’agriculture et il faut environ 5 kWh pour dessaler 1 m3 d’eau de mer.
Il serait souhaitable, pour notre pays, de supprimer toutes les subventions pour permettre au système le plus efficace de s’imposer. Libre aux « Verts » de choisir leur énergie préférée, mais non-subventionnée, en vertu du principe que tout procédé rentable doit en fournir la preuve.
On ne fait pas financer des investissements particuliers par la collectivité.
Et l’on verrait alors tout ce monde « écolo » revenir bien vite à leur compteur EDF classique qui nous assure actuellement le courant électrique le moins cher d’Europe (*) dont tous les compétiteurs désirent bénéficier (voir Loi Nome). Nucléaire + Hydraulique lourde apportant les meilleurs bilans énergétiques.

(*) Pour le Monde, c’est le Canada, avec HYDRO-QUEBEC qui bénéficie des meilleurs coûts.

Partagez, réagissez, complétez, polémiquez ! Avec respect...

 

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