
On la disait peu appréciée des jeunes et menacée par l’émergence des médias internet. En 2009, Rupert Murdoch annonçait même sa disparition d’ici 15 ans. Pourtant la presse papier a réalisé un bon premier semestre 2010 et semble toujours susciter la curiosité du lectorat. Mieux, elle s’intéresse désormais aux problématiques du développement durable. Le groupe Prisma Presse - numéro deux français de la presse magazine - s’est ainsi lancé en septembre 2009 dans la réalisation de son bilan carbone. Avec pour particularité d’analyser de façon spécifique l’empreinte environnementale de chacun de ses 19 titres.
« C’est vraiment une démarche innovante explique Vincent Dupuis, coordinateur du Développement Durable chez Prisma Presse. Nous voulions disposer de leviers d’action pour chaque magazine, savoir sur quels deltas de réduction d’émissions il était possible de jouer. » Voilà pour les objectifs. Sur un plan pratique, c’est la société EcoAct qui a été chargée de réaliser cette prestation. « Les devis variaient de 7 000 à 30 000 euros. Nous ne voulions pas choisir le moins disant mais le plus sérieux. Les équipes d’EcoAct ont posé les bonnes questions, ils ont cherché à comprendre les particularités de notre activité ». Bien leur en a pris. Le contrat final s’adjugera aux alentours de 20 000 euros, subvention de l’Ademe comprise.
Connaître les points faibles de chaque magazine
Une fois le prestataire sélectionné, le groupe s’engage dans une laborieuse phase de collecte des données. Un travail complexifié par la diversité des sites de production et donc des interlocuteurs. « Au début, les papetiers avaient un peu peur. Certains disposaient déjà des profils carbones de leurs papiers, d’autres non. Il a fallu réaliser des calculs d’estimation, trouver la bonne équation ». Egalement sollicités, les services de Prisma Presse ont à leur tour dû transmettre de nombreuses informations aux experts d’EcoAct. En toute transparence. « Ils ont bien joué le jeu estime Vincent Dupuis. Il fallait trouver une certaine harmonie pour que le bilan carbone avance à un bon rythme. C’était aussi l’occasion de valoriser leur travail. » Des échanges qui se concrétisent finalement en avril 2010 par le bouclage d’un copieux rapport de 113 pages. Comme convenu, il précise les points forts et faibles de chaque magazine en matière d’émissions de CO2 : poids, type de papier ou nombre d’invendus.
Faire évoluer les politiques d’achat
Reste maintenant à transformer ces indicateurs en critères de décision pour le groupe. « Nous allons intégrer l’empreinte carbone du papier dans nos politiques d’achat au même titre que le prix, la qualité et la sécurité d’approvisionnement. Tous les futurs appels d’offre prendront en compte ce nouveau facteur environnemental. Nous voulons mettre en oeuvre une démarche d’éco-conception des magazines » Une approche qui concerne notamment les six magazines les plus diffusés dont les émissions représentent 75% du bilan carbone total du groupe. Plus globalement, Prisma Presse s’est engagé à réduire de 10% ses émissions en 2012 (base 2008). Une durabilité qui ne doit pas se limiter au « contenant ». Le groupe souhaite ainsi laisser davantage de place à l’écologie dans les colonnes de ses magazines. Récemment, des personnalités comme Pierre Rabhi, Jean-Marc Jancovici ou Yann Arthus-Bertrand sont venus prêcher la bonne parole verte devant les journalistes de la maison. Aux dernières nouvelles, Rupert Murdoch n’aurait toujours pas été convié.
Source photo : Prisma Presse
Prisma Presse en bref
- Création : 1978
- Activité : 19 magazines dont Femme Actuelle, Géo, Voici, Capital, Ca m’intéresse, Télé-Loisirs…
- Chiffre d’affaires brut (2009) : 539 millions d’euros
- Collaborateurs permanents (au 31/12/2009) : 964 personnes
- Emissions GES (2008) : 135 000 téqCO2 (dont 92% liées aux magazines)
- Diffusion totale annuelle : 240 millions d’exemplaires
Sur le même thème : bonnes pratiques environnementales, directeur développement durable
















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Bonne initiative !!!