Un capteur sachant capter à distance est un bon compteur. Chasseur d’innovations, le Finistérien Olivier Le Strat s’est mis en tête en 2003 de concevoir des capteurs à ultrasons communiquants. Sept années plus tard, sa société Ijinus – qui signifie innovation en breton - exporte ses appareils dans le monde entier et vient même de créer des filiales en Asie et aux Etats-Unis. Un succès qu’elle a tout d’abord construit auprès des entreprises de l’agroalimentaire. « Il existait toutes sortes de solutions pour mesurer la quantité de matière présente dans un silo. Mais il n’existait pas de solutions simples. Les systèmes posaient beaucoup de problèmes mécaniques ou d’étanchéité ». Après une phase de recherche de trois ans, la société lance la commercialisation de ses capteurs à ultrasons « made in Bretagne ». Une solution sans câble, robuste et compacte. Mais surtout performante puisque Ijinus revendique une qualité de mesure équivalente voire supérieure aux capteurs existants.
Du solide à l’eau
Après avoir conquis les usines alimentaires, l’innovation finistérienne s’est rapidement trouvée une nouvelle application : l’eau. Un second terrain de jeu qui a néanmoins nécessité d’adapter l’algorithme maison à la mesure de réseaux d’assainissement, rivières et autres canalisations. « Notre capteur présente moins de variabilité qu’un capteur radar, explique Olivier Le Strat. Son lancement a généré un certain buzz dans le monde de l’eau. » La solution d’Ijinus a ainsi convaincu quelques grands noms du secteur comme Veolia, GDF Suez ou American Water. Encourageant. D’autant que ces signatures pourraient contribuer à l’amélioration de la qualité des mesures. En compilant les données de plusieurs grands comptes, Ijinus pense en effet pouvoir affiner encore la précisions de ses capteurs.

Exemple d'utilisation des capteurs Ijinus
Faciliter la transmission
Au-delà de leur méticulosité, les capteurs bretons semblent également convaincre grâce à leurs capacités de transmission, en liaison GSM ou radio. « Aujourd’hui, lorsque vous souhaitez mesurer le niveau d’eau d’un réseau d’assainissement, vous devez bloquer la route pour positionner votre compteur, explique Olivier Le Strat. Avec notre solution cela prend 10 minutes. Et l’opération se fait à distance dans un véhicule technique. C’est très rapide et moins risqué ». Ces données sont ensuite acheminées vers les plates-formes propriétaires des clients. Ijinus adaptant ses modes de transmissions aux protocoles techniques internes des sociétés équipées. A terme, la PME pourrait proposer à ses clients de gérer une plus large palette de leurs besoins en mesures. « Nous sommes déjà passés du solide à l’eau. Nous travaillons sur des projets pour passer de l’eau au gaz industriel. Nous sommes en contact avec des grands partenaires dans le secteur du gaz. Ce sera pour 2011 ». De l’eau dans le gaz pour Ijinus ? Olivier Le Strat en rêve.
Ijinus en bref
- Création : 2003
- Siège social : Quimperlé (29)
- Chiffre d’affaires : 1 million d’euros en 2010
- Effectif : une dizaine de salariés en France.
- Implantations : Espagne, Danemark, Portugal, Australie, Mexique, Canada, Etats-Unis, Chine…
- Coût d’un capteur : de 400 euros à 2500 euros
- Production : 50 capteurs par mois en 2009 ; 100 capteurs par mois en juin 2010 ; 300 capteurs par mois à la mi-décembre 2010.













