
Edito. « L’année écoulée a-t-elle été bonne pour les cleantech ? ». A la manière d’une galette de frangipane un dimanche de janvier, cette question s’invite chaque année dans les discussions de la rédaction sitôt les fêtes terminées. En apparence, le bilan 2010 pourrait sembler plutôt mitigé. Et notamment en France où le secteur des énergies renouvelables a largement fait les frais de la rigueur budgétaire. Première victime : l’éolien. Au printemps, le débat parlementaire sur la loi Grenelle II rendait ainsi plus complexe la construction de parcs éoliens terrestres dans l’hexagone. Dans le même temps, l’appel d’offres national pour l’éolien offshore était renvoyé aux calendes grecques. Fin du premier acte. Quelques semaines plus tard, c’était au tour de l’énergie solaire photovoltaïque de voir l’horizon s’assombrir. La faute à une baisse des tarifs d’achat de l’électricité suivie d’une réduction des aides fiscales accordées pour l’installation de panneaux. En fin d’année, le gouvernement décidait même d’un moratoire de trois mois sur les projet solaires. Une mesure qui viserait à accompagner le secteur vers une croissance plus « saine ». Noble souhait ? Peut-être. Reste que ces dispositions menacent aujourd’hui la survie de nombreuses PME.
Douze mois pour retrouver l’espoir
Pour autant, il serait erroné de faire de 2010 une année noire pour les cleantech. Au-delà des chahuts franco-français, ces douze derniers mois ont aussi confirmé la dynamique innovante et la maturation de l’éco-système du green business. En témoigne l’émergence planétaire de la problématique Smart Grid. Electricité, gaz ou eau, nos sociétés doivent désormais proposer aux consommateurs des réseaux intelligents pour partir à la reconquête de l’énergie et des ressources naturelles perdues. L’enjeu est bien sûr environnemental mais aussi économique et sociétal. Pour finir, les optimistes retiendront également de 2010 le relatif succès de la Conférence mondiale sur les changements climatiques en décembre à Cancún (Mexique). Après le fiasco de Copenhague, la planète ne pouvait se permettre de nouveaux atermoiements politiques sur ce sujet. Les cleantech non plus. Alors, à notre tour, chassons les corbeaux et laissons l’année 2011 s’envoler dans un ciel dégagé mais plein d’espoir. Bonne année à tous. Merci pour votre fidélité.
Retour sur 2010 en 12 éco-innovations
- Janvier : Le nouveau siège social d’Abalone mobilise les énergies
- Février : Un disque dur qui consomme 90 % d’énergie en moins
- Mars : Ellsin passe les pneus usagés aux micro-ondes
- Avril : MyCO2 veut récompenser les consommateurs écolos
- Mai : Une éolienne rabattable qui ne craint pas les cyclones
- Juin : McPhy Energy révolutionne le stockage de l’hydrogène sous forme solide
- Juillet : Enertime planche sur des petites centrales biomasse à cycle organique de Rankine
- Août : Eolas fonde son futur datacenter éco-efficient sur une démarche holistique
- Septembre : Une maison BBC bois modulaire produite en une semaine
- Octobre : Modulowatt : stationnez c’est chargé
- Novembre : Ijinus mesure les niveaux d’eau avec des capteurs ultrasons
- Décembre : Ez-Wheel électrifie les véhicules d’un tour de roue
Sur le même thème : cleantech, éco-innovations, énergies renouvelables, Marché













