Cent projets Smart Grid financés aux Etats-Unis grâce au plan Obama
par | 05.01.11

Le terme « Smart Grid » a été propulsé dans l’actualité en 2008 avec le plan de relance Obama qui s’est traduit par une allocation de 40 milliards de dollars au secteur américain de l’Energie dont 4,5 milliards de dollars au Smart Grid, ou plus précisément à l’amélioration et la rénovation du réseau électrique. Mais que se cache-t-il derrière ces sommes ? Et concrètement comment sont-elles dépensées ?
L’Office of Electricity est chargé de la répartition de ces fonds Smart Grid. Les trois quarts de ces 4,5 milliards ont été alloués en 2009 à 100 projets classés selon six catégories. Les catégories les plus soutenues financièrement - « Infrastructure de mesure avancée » et « Systèmes intégrés et/ou plates-formes transversales » - sont sans surprise celles qui comptent également le plus de projets (plus d’une trentaine).
En termes d’infrastructure de mesure, le projet à Houston Texas, par exemple, accorde 200 millions de dollars au CenterPoint Energy pour l’installation de 2 millions de compteurs intelligents, de quelques 550 capteurs et systèmes de coupures pour protéger le réseau. Pour la catégorie « systèmes intégrés », la même somme soutient le projet de Duke Energy Carolinas qui promet la modernisation de son réseau en Caroline du Nord. Et cela par la mise en place d’un système d’information à double sens, un renforcement des automatismes et l’intégration de stations de recharge de véhicules électriques.
Les autres catégories regroupant les projets subventionnés sont les « systèmes clients » destinés davantage à la gestion des consommations domestiques (5 projets), les « systèmes de distribution électrique » (13 projets) et « systèmes de transmission » (10 projets), ainsi que la « fabrication d’équipement » qui vise à accélérer la commercialisation de certains produits (2 projets). Ces projets constituent une partie de l’ensemble des financements, mais sont représentatifs des priorités américaines du secteur. La liste exhaustive est publique et disponible sur le site www.smartgrid.gov.
Des projets américains de « démonstration » ouverts aux entreprises étrangères
Par ailleurs, 13% des sommes affectées dans le cadre du plan d’investissement Obama pour le Smart Grid vont aux projets dits de « Démonstration » qui permettent la validation de nouvelles technologies. Ces projets constituent un laboratoire à échelle 1 pour tester et approuver l’innovation. Le fournisseur d’électricité PG&E a par exemple bénéficié de 25 millions de dollars pour un projet de stockage souterrain d’énergie par Air Comprimé (CAES) de 500 MW à Bakersfield, CA. Ce projet a pour vocation de « construire et valider la conception, la performance et la fiabilité [de ce type de système] ».
Toujours en Californie, à Burbank, un projet Smart Grid s’est vu octroyé 20 millions de dollars pour l’installation de 51 000 compteurs électriques « intelligents » connectés aux compteurs d’eau ! Les bénéfices et les applications technologiques liées au Smart Grid peuvent être transversaux et constituent des opportunités de marché considérables pour les entreprises françaises du secteur.
Un retour d’expérience a d’ailleurs été publié par l’EPRI sur des projets collaboratifs de « Démonstration » pour la mise en place et l’intégration de technologie de production décentralisée (3 acteurs sur 20 sont non-américains dont Hydro-Québec, ESB Network, EDF).
Dans ce contexte favorable, 25 entreprises françaises (gestionnaires de réseaux et fournisseurs d’électricité, centres de recherche…) se sont déplacés en Californie et au Texas à l’initiative d’Ubifrance et des pôles de compétitivité compétents en décembre dernier. Des grands industriels, comme EDF et Legrand, étaient présents mais aussi des start-ups françaises, telles que Ubinode, EnergyPool… Des rencontres avec l’EPRI, Google, Cisco et d’autres acteurs ont pu être organisées. Les retours sont extrêmement positifs sur les Etats-Unis, les idées sont là, les places sont à prendre.
Les participants à la délégation Smart Grid de décembre 2010
- Pôles de compétitivité :
- Tenerrdis
- Cap Energies
- Derbi
- S2E2
- Recherche/Centre Scientifique :
- IDEA GIE
- CSTB
- ELIAUS
- Grenoble INP
- IES (Institut d’Electronique du Sud)
- LAAS CNRS (Laboratory of Analysis and Architecture of Systems)
- Mines Paristech
- UM2
- Entreprises :
- Artelys SA
- Effineo
- Energy Pool
- GEMSOL SAS
- HELION
- EDF R&D
- ERDF
- GDF Suez
- GEG (Gaz Electricité de Grenoble)
- LAN SARL (Laboratoire des Applications Numériques)
- Legrand
- Pulsar Innovation
- Siemens
- Ubinode
Bio express de l’auteur
Nathalie Mettling, Chargé de développement Environnement à Ubifrance, San Francisco.
Elle travaille plus particulièrement dans les domaines de l’eau, de l’air et des déchets.
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Nathalie Mettling, Chargé de développement Environnement à 












