L’éco-conception d’un produit se niche dans les nomenclatures de ses composants
Green Design | Aucune réaction
par | 11.02.11

C’est une évidence : la dimension écologique d’un produit, sur l’ensemble de son cycle de vie, doit être appréhendée en amont dès sa phase de conception. Sans quoi, difficile de parler d’éco-conception. Il n’est donc pas étonnant de voir les éditeurs de logiciels de gestion de cycle de vie des produits (PLM, Product Lifecycle Management) se préoccuper de la notion de performance environnementale. C’est le cas notamment de l’Américain PTC qui fonde beaucoup d’espoirs commerciaux dans sa récente solution Insight, qui analyse un produit sous plusieurs axes, son coût, sa fiabilité, mais aussi son impact sur l’environnement.
PTC a forgé sa gamme InSight à coups d’acquisitions. Tout a démarré il y a quelques années quand ses clients ont commencé par formuler des demandes de plus en plus pressantes sur la question de la prise en compte des aspects liés à la conformité aux réglementations environnementales, « anciennes » ou nouvelles, comme Reach par exemple. Les coûts associés à une absence de conformité à ces directives, qui évoluent constamment, pouvant se chiffrer en millions d’euros ! En réponse, fin 2008, PTC rachète Synapsis Technology, éditeur du logiciel Emars (Environmental Materials Aggregation and Reporting System). Celui-ci assure le suivi de conformité d’un produit aux normes telles que Reach, RoHS, DEEE, ELV… (voir encadré ci-dessous), depuis sa conception jusqu’à son élimination et son recyclage. Objectif : vérifier que les matériaux et les pièces qui le composent ne renferment pas, sous peine de pénalité, de substances dangereuses. Emars constitue aujourd’hui le socle de Insight.
InSight interfacé à Windchill et ouvert aux produits PLM concurrents
InSight s’interface à la gestion de données techniques de Windchill, le produit de PLM de PTC. Le premier récupère les nomenclatures techniques des produits référencées dans le second pour les parcourir, les analyser sous le prisme de la conformité aux normes environnementales, et génère des rapports idoines. L’éditeur ne destine pas la solution InSight exclusivement à ses clients équipés de Windchill. Ce produit est ouvert à d’autres solutions PLM concurrentes, comme Matrix de Dassault Systèmes ou Teamcenter de Siemens.
Autre aspect pris en charge par InSight : l’empreinte carbone et la consommation énergétique des produits. Cette fonction est venue enrichir InSight suite au rachat en février 2010 de Planet Metrics. Cet éditeur a développé un logiciel de modélisation et d’analyse des émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie d’un produit. Les nomenclatures techniques des composants utilisés dans la fabrication des produits sont étudiées sur la base de profils environnementaux enregistrés dans des référentiels tels que EcoInvent (lien) en Suisse ou EIO-LCA (Economic Input-Output Life Cycle Assessment) proposé par le Green Design Institute de l’université Carnegie Mellon aux Etats-Unis. Un examen appuyé par un processus de communication et d’échange mis en place avec les fournisseurs pour « recueillir des informations déclaratives plus proches du réel », comme le souligne Bernard Mahé, Responsable commercial Europe de la solution Insight chez PTC.
Substances à risque, poids carbone, fiabilité, coûts : plusieurs dimensions analysées
Avec InSight, PTC vend l’approche d’une analyse multidimensionnelle des produits. Aussi, à la gestion des substances à risque et au poids carbone s’ajoute le contrôle de la fiabilité et de la sécurité des composants d’un produit, là encore dès sa phase de conception. Une expertise que l’Américain s’est appropriée en rachetant en juin 2009 l’éditeur Relex Software. Un autre module est également en développement, il concerne l’analyse des coûts d’un produit sur sa durée de vie. Une entreprise pourra en effet être amenée à faire des compromis entre, d’un côté, la performance environnementale d’un produit, et, de l’autre, sa performance commerciale.
Pour l’heure, InSight est utilisé par des clients comme Nokia, Sony Ericsson, Motorola, Schneider ou encore EADS. PTC réserve sa solution à de nombreux secteurs : aérospatiale et défense, appareils médicaux, électronique et high-tech, ou encore automobile. Le secteur automobile étant l’un des plus avancés en matière de mesure de l’impact environnemental de composants : il s’appuie sur la base de données internationale IMDS (International Material Data System), reconnue par un très grand nombre de constructeurs, et qui collecte des données liées aux réglementations Reach et ELV.
Les contraintes réglementaires valident clairement l’intérêt d’un outil comme InSight. Mais ce dernier est-il suffisant pour fabriquer et vendre un produit éco-conçu ? « Tout dépend de la définition de l’éco-conception », répond Bernard Mahé. A relire celle de l’Ademe, PTC semble sur la bonne voie…
Les normes réglementaires couvertes dans Insight Environmental Compliance
- Règlement REACH concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances
- Directive européenne RoHS relative à la limitation de l’utilisation de certaines substances dangereuses
- ELV (End-of-life Vehicle, véhicules hors d’usage)
- DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques)
- Réglementations RoHS chinoise, coréenne, californienne
- Réglementation norvégienne PoHS (Prohibition of certain Hazardous Substances)
- Sans halogène
- Joint Industry Guide (JIG)
- Global Automotive Declarable Substance List (GADSL)
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