Montluçon, un contrat de performance énergétique pour les bâtiments publics
par | 28.02.11

Le contrat de performance énergétique (CPE), Montluçon y croit. En 2009, la ville et la Communauté d’Agglomération de cette cité de l’Allier ont ainsi décidé de recourir à ce type de partenariat public-privé pour le contrat de chauffage de leurs bâtiments municipaux et communautaires. Une démarche conclue en janvier 2010 par la signature d’un contrat de 10 ans avec Dalkia portant sur 94 sites et 170 actions d’amélioration énergétique. Cet hiver, le partenariat vit sa première année de chauffe. « Les incertitudes sur l’évolution du coût de l’énergie nous imposait d’avoir des certitudes sur le volume d’économies à réaliser. Il fallait mouiller notre partenaire explique Pierre-Antoine Légoutière, adjoint au Maire de Montluçon (Modem), chargé de l’environnement et du Développement durable. Grâce au CPE, nous avons contractualisé nos objectifs. » Soit 16,45% d’économies d’énergies pour la ville, 26,47 % pour la communauté d’agglomération et 5 500 tonnes de CO2 évitées sur toute de la durée du contrat. Le budget correspond à 1,8 millions d’euros d’investissements. Règle importante, en cas de non respect de ces niveaux de performance, Dalkia en sera pour ses frais.

Chaudière à condensation
Dans la pratique, la filiale de Veolia et d’EDF a d’abord équipé 69 sites montluçonnais d’un outil de gestion technique centralisée. Un dispositif de suivi auquel s’ajoute l’installation de nombreux équipements cleantech comme de nouvelles fenêtres, la pose de pompes à chaleur, le choix d’une chaudière à condensation pour le Théâtre municipal, le raccordement des gymnases au réseau de chaleur ou l’usage de l’énergie solaire pour les cuisines centrales. Des outils écologiques qui viennent même parfois soutenir l’économie locale. Le bois-énergie a ainsi été adopté pour le chauffage de certains groupes scolaires. « Le bois-energie c’est un sujet très important car il y a beaucoup de produits de sous-bois à mobiliser dans notre région. Cela représente près d’une dizaine d’emplois à créer » précise Pierre-Antoine Légoutière.
Sans communication, la technologie n’est rien
Pour l’agglomération et la ville de Montluçon, la réalisation de ces différents équipements signe la fin d’une phase de préparation de plus d’un an. La mise en place d’un contrat de performance énergétique nécessite en effet la rédaction préalable d’un cahier des charges minutieux. Un document sur lequel sont ensuite invités à plancher les différents candidats. « Nous avons travaillé sous la forme d’un dialogue compétitif. Il était mené par des élus dont certains issus de l’opposition, des techniciens et des représentants d’UFC-Que choisir. Au départ, il y avait quatre candidats. La finale a départagé Cofely et Dalkia ». Longue et souvent coûteuse, cette phase amont est très critiquée par les sceptiques du CPE. Ces experts jugent en effet qu’elle rend l’accès à ce type de contrat très compliqué pour les petites collectivités. « C’est une idée reçue, un discours contre la nouveauté. Une fois que le contrat est bien ficelé, il n’y a pas de problème » conteste Pierre-Antoine Légoutière. A la cruciale condition près que les prévisions du cahier des charges doivent ensuite se confirmer sur le terrain.

Afin d’éviter des lendemains qui déchantent, les élus montluçonnais travaillent donc également sur la sensibilisation des populations aux enjeux de l’efficacité énergétique. « Près de 20% des économies sur le bâtiment doivent venir du comportement des usagers. La communication est importante pour la réussite du CPE. » Cet hiver, la ville et l’agglomération ont lancé une importante campagne de communication à destination de leurs employés mais aussi des habitants, grands comme petits. Objectif : développer les bons réflexes. Et pourquoi pas donner des idées à d’autres collectivités voisines. « D’une façon très globale on voit se dessiner les contours d’une nouvelle philosophie des marchés publics. Il faut dépasser le stade client-fournisseur pour parvenir à un véritable formule de partenariat. ». Pierre-Antoine Légoutière imagine ainsi que le mécanisme du CPE pourrait bientôt s’appliquer aux problématiques de l’éclairage public. A Montluçon, ou ailleurs.
En savoir plus : « Les contrats de performance énergétique ne marchent pas pour l’instant » - Interview de Xavier Matharan ( 17.02.11)
Sur le même thème : contrat de performance énergétique, financement, partenariat public-privé, PPP













