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Ivan Fouquet
Après David Dornbusch (Président de Cleantuesday), c’est au tour de l’architecte Ivan Fouquet de consacrer une tribune aux conséquences de la catastrophe de Fukushima. Le co-fondateur de l’agence Bam revient sur les solutions concrètes pour s’extirper dès aujourd’hui de la dépendance nucléaire.
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Alors que le monde entier est suspendu au sort de la centrale de Fukushima, triste commémoration des 25 ans de Tchernobyl, la question est sur toutes les bouches : « Comment sortir du nucléaire ? » Impossible dans l’immédiat ! La France dépend à 82% de l’électricité nucléaire… L’accident de Fukushima marque peut-être l’articulation historique vers une croissance hyperbolique des énergies renouvelables. Dans son ouvrage « Manuel de Transition - de la Dépendance au Pétrole à la Résilience Locale », Rob Hopkins avait déjà montré l’an dernier quelques modèles de transition. Jeudi, David Dornbusch proposait, sur Cleantech Republic, un rééquilibrage en faveur des énergies renouvelables.
Une énergie nucléaire de moins en moins rentable
L’histoire s’accélère. Le coût et les conséquences des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon) sur l’environnement et le réchauffement climatique incitent à leur abandon progressif. Le nucléaire ne pose pas uniquement le problème des risques de catastrophes. Le vieillissement des centrales, l’entretien, le démantèlement et la gestion des déchets sont à peine évoqués dans le débat actuel. Leur coût n’est pas pris en compte dans les tarifs d’EDF. Une prolongation de la durée de vie des 19 centrales nucléaires françaises serait évaluée à 40 milliards d’euros sur 20 ans. Les tarifs régulés ont déjà augmentés de 6% en 2010 et une nouvelle hausse de 6% est programmée cette année. Le statisticien Paul Champsaur devrait proposer prochainement au gouvernement une hausse des prix de près de 30% d’ici à 2015.
Dans ce contexte, comme l’indique David Dornbusch, l’énergie nucléaire devient de moins en moins rentable. Le Danemark, la Norvège, l’Irlande et l’Autriche n’y ont jamais eut recours. En France, le programme nucléaire, développé dans les années 1970, a mis le pays dans une situation de surproduction qu’il faut écouler : TGV, chauffage électrique, climatisation et bientôt voiture électrique créent de véritables dépendances. A lui seul, le chauffage électrique consomme 62,6 milliards de KWh par an, soit la production de 10 réacteurs.
Comment sortir concrètement du nucléaire ?
Inutile d’allumer des bougies ou d’accrocher une éolienne à son balcon. Une toute première solution, la plus durable de toute, est de produire des négawatts, c’est-à-dire d’en consommer le moins possible. Inventés par Amory Lovins et promus en France par l’association du même nom, les négawatts correspondent aux énergies non dépensées : « L’énergie la moins chère et la moins polluante est celle qu’on ne produit pas. » Avant tout, il est indispensable de limiter les déperditions thermiques, d’isoler les bâtiments et de réduire les gaspillages en utilisant des appareils plus économes (chauffe-eau, réfrigérateur, congélateur, lave-linge, lave-vaisselle, ampoules basse-consommation…) ou en remplaçant les moyens de chauffage électrique par d’autres plus écologiques. Produire de l’électricité localement permet aussi de réduire les grandes quantités de pertes liées à son transport. Enfin, pour limiter l’usage des futures voitures électriques, il faut profondément réorganiser le territoire : créer des centralités locales, mixer les fonctions urbaines et réduire l’étalement des villes.
Le recours aux énergies renouvelables intervient ensuite dans cette transition vers un territoire et un mode de vie durable. En Europe comme aux Etats-Unis, ces énergies font déjà l’objet d’investissements plus importants que pour les énergies classiques. Alors qu’en France, la jeune filière photovoltaïque est en passe d’être sacrifiée, dans le monde, les projets de centrales photovoltaïques, hydroélectriques, thermosolaires et éoliennes se multiplient. La production d’électricité éolienne mondiale double approximativement tous les trois ans. En 2011, elle atteindra 240 GW, soit quatre fois le parc nucléaire français. L’Inde vise l’équivalent de 14 centrales nucléaires en production d’énergies renouvelables pour 2012, la Californie a pour objectif 33% de sources renouvelables d’ici 2020. Les projets de centrales thermosolaires offrent de nouvelles opportunités à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient en plein bouleversement politique. En effet, seulement 5% de la surface du Sahara couverte de capteurs solaires suffirait à approvisionner en électricité la planète entière.
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mattdesoibs | 25.03.11 à 12.21
“En 2011, elle atteindra 240 GW, soit quatre fois le parc nucléaire français”
Grave confusion!!!
On ne peut pas comparer des GW nucléaire et éolien. Il faut prendre en compte le facteur de charge…