Un carrousel souterrain qui optimise la gestion des déchets ménagers
par | 29.03.11

Toutes les collectivités ou presque disposent de points d’apport volontaire sur leur territoire afin d’inciter les citoyens à recycler leurs déchets. Face à la rareté du foncier, la société Triologis, créée en avril 2010, a inventé une nouvelle forme de conteneur enterré et automatisé.
Vert, jaune, marron, gris… Deux jours à peine après l’obtention de son brevet, la société stéphanoise Triologis dévoilait à Pollutec son carrousel de conteneurs visant à faciliter la vie des trieurs de déchets. De l’extérieur n’émerge « que la borne de tri pour la dépose et le crochet qui sert à soulever la cuve lors de la vidange », explique Christophe Nave, Directeur Général de Triologis. Sous terre pourtant, c’est tout un mécanisme qui opère : de 4 à 6 cuves en inox de 3 à 5 m³ chacune. Concrètement, pour l’utilisateur qui vient déposer ses déchets, du verre aux vêtements en passant par les matières putrescibles, la manipulation est enfantine. Il suffit de sélectionner le type de déchet via un écran digital et de valider le dépôt. S’ensuit sous terre une opération d’aiguillage automatique des cuves, afin que seule celle qui correspond au type de déchet sélectionné s’ouvre sous la trappe de dépôt et engloutisse machinalement les contenus.
Optimiser les collectes via des capteurs intégrés
Le plus grand intérêt pour la collectivité est la possibilité d’accéder à des données statistiques sur les matières récupérées, grâce à des capteurs de mesure intégrés aux cuves. « La transmission quotidienne des données analytiques au client peut se faire via SMS ou e-mails et permettent notamment à l’entreprise de collecte d’optimiser ses tournées de ramassage ». D’après les calculs de l’entreprise, le système permettrait aux camions de collecte d’économiser entre 30 à 40 % de carburant. Autre option intéressante : la possibilité d’installer des lecteurs de badge, avec lesquels les utilisateurs peuvent s’identifier. Un élément important quand on sait que les collectivités françaises auront l’obligation d’ici 2015 de passer à la redevance incitative. « Les marchés publics commencent à intégrer cette donnée » note Christophe Nave qui a déjà répondu à de nombreux appels d’offres de collectivités. Sans succès pour l’instant.
L’éco-innovation, source de succès ?
Pour parfaire son image écologique, Triologis s’est déjà engagée dans une démarche vertueuse d’éco-conception de ses systèmes, avec l’appui de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Saint-Etienne : « L’intégralité de l’armature et des cuves sont en inox, une matière réutilisable ad vitam ». Côté logistique, l’entreprise ne travaille qu’avec des sous-traitants situées dans la région. Le made in Rhône-Alpes constituant à la fois un gage de qualité et un plus pour l’environnement. Reste que le système est aujourd’hui plus coûteux que ses prédécesseurs : à partir de 40 000 euros pour un carrousel de six cuves. Un surcoût qui s’explique notamment par la lourdeur des travaux d’excavation nécessaires à l’intégration. Selon Triologis, cet écart serait compensé par les économies réalisées sur le carburant, grâce à l’optimisation des collectes. L’argument devra faire mouche si l’entreprise veut tenir son ambitieux objectif pour 2011 : atteindre un chiffre d’affaires de six millions d’euros.
Triologis en bref
- Siège social : Villars (42)
- Effectif : 3 personnes
- Prévision de Chiffre d’affaires : 6 millions d’euros pour 2011
- Gammes : Carrousel et apport en pied d’immeuble
- Membre du cluster Axelera de Lyon
En savoir plus : La fiche Triologis sur GreenVivo
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