Cradle-to-Cradle : « Le retard français s’explique par notre étroitesse d’esprit »
par | 05.04.11
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Malgré son succès planétaire, le Cradle-to-Cradle (C2C) peine à décoller en France. Cette philosophie vise à concevoir des produits réutilisables à l’infini avec un impact positif sur l’environnement. Christine Guinebretière de l’agence Integral Vision - représentante officielle du C2C en France – revient sur le retard des entreprises françaises dans l’adoption de cette philosophie.

Christine Guinebretière
Cleantech Republic : Publiée en 2002 et déjà vendu à 50 millions d’exemplaires, l’ouvrage « Cradle-to-Cradle » vient à peine de sortir en France. Comment expliquez-vous le retard français sur ce sujet ?
Christine Guinebretière : C’est avant tout lié à l’étroitesse d’esprit des français. Dans notre culture, on a un peu de mal à se positionner dans une dimension positive. On va plutôt avoir tendance à se focaliser sur les problèmes, à chercher des coupables. Le monde anglo-saxon cherche, au contraire, à adopter directement des solutions, même si elles ne sont pas parfaites. Notre expérience le démontre. Nous avons démarché les entreprises françaises pendant plus de quatre ans avant d’en convaincre certaines.
Les barrières sont-elles identiques pour des groupes internationaux implantés en France ?
Si le décideur est en France, oui. Nous avons certifié des groupes internationaux ayant des filiales dans l’Hexagone, mais leurs sièges sociaux étaient à l’étranger. Certaines succursales d’entreprises internationales, comme Desso, se retrouvent à gérer la certification de leurs produits en France. Aujourd’hui, Tarkett est le seul groupe français dont les produits sont certifiés, alors que 300 produits le sont déjà dans le monde.
Les PME montrent-elles plus de courage à se lancer dans la démarche ?
Ce n’est pas forcément lié à la taille de l’entreprise mais à la motivation du chef d’entreprise, donc à sa culture. Si le chef d’entreprise est positif et cherche des solutions, il cherchera à innover en ce sens.
Quel est le coût d’une certification C2C pour une entreprise française ?
Le coût est transparent, identique pour tous et fixé à 500 euros par substance. Lorsqu’une entreprise envoie l’un de ses produits à analyser au laboratoire Cradle-to-Cradle d’Hambourg, l’objet est désassemblé et toutes les pièces composées de substances sont analysées. Plus le produit contient de substances inconnues, plus le tarif sera élevé.
Quels secteurs industriels sont aujourd’hui les plus sensibles à cette démarche ?
Mon intuition, c’est que le développement du Cradle-to-Cradle passera par les consommatrices. C’est-à-dire par les produits qui leur sont destinés ou qui sont destinés à leurs enfants. Les femmes sont intuitivement intéressées par la sécurité et la protection. C’est ce qui est en train de se dessiner.
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FaireSimpleEstDifficile | 19.04.12 à 19.34
Bonjour à tous,
Tout d’abord un grand merci d’aborder le sujet.
C’est par ce biais peut être que les esprits peuvent s’élargir. Je suis effectivement très surpris (ayant lu l’œuvre) du peut d’écho qu’elle a eu dans mon entourage (que je supposais très à l’écoute…).
Sans vouloir manquer de respect à l’initiative française, il s’agit tout autant d’un aveu d’échec des institutions promotrices de ce changement que d’un problème de culture sociale. Et pour conclure ce pamphlet, le travers qu’ont les français de préférer se plaindre est tout relatif. Les échecs sont toujours plus riches d’enseignement que les réussites, à moins qu’ils ne soient fatals. Et c’est bien le cœur du sujet : ne pas faire de la disparitions des ressources une fatalité.
Je suis également très surpris qu’à cette saison, aucune campagne électorale n’ait encore prononcé le terme. Même si quelques discours ont été teintés en ce sens…
J’aimerais vraiment de tout cœur que le message du C2C se démocratise et que les enjeux qu’il représente deviennent une vraie préoccupation. Mon expérience en la matière est d’ailleurs frappante :
Demandez aujourd’hui à une mère de famille en éclairant la démarche “C2C” quelle dette elle préfère laisser à ses enfants, économique ou écologique ?
La réponse ne vient pas sans attendre et peut parfois provoquer des réactions inattendues…
Je vous prie au passage de bien vouloir pardonner mon manque de diplomatie (mais pas forcement d’objectivité) en la matière.
Arrivé là, il ne reste plus qu’à donner en le coup de grâce en découvrant stupéfaits que sans dette écologique, l’idée de dette économique n’a plus vraiment de sens…
Le problème des français n’est pas le problème des français, le problème des français est à mon sens l’absence d’une providence à laquelle ils avaient été trop habitués.
Mais je ne vois peut être qu’une partie du problème, après tout je ne suis que moi même.
Si je peux aider, n’hésitez pas.
FaireSimpleEstDifficile