La filière photovoltaïque française veut sortir de la grisaille
par | 28.04.11

En finir avec la sinistrose de l’hiver. C’était peu ou prou le mot d’ordre des dirigeants d’Enerplan (Association professionnelle de l’énergie solaire) qui réunissait la presse, hier à Paris, à l’occasion du lancement de la 4ème édition des Journées Européennes du Solaire (9 au 15 mai 2011). Avec près de 1000 manifestations organisées en France, l’évenement tombe à pic pour remobiliser entreprises, collectivités et particuliers autour de l’énergie solaire. Une filière qui, selon Enerplan, aurait perdu près de 38% de ces emplois depuis décembre. Et qui stagne aujourd’hui à 60% de son activité du printemps 2010. « La filière n’est pas morte mais elle a été bien endommagée par le moratoire et les mesures décidées cet hiver explique Richard Loyen, Délégué Général d’Enerplan. Avec ces Journées Européennes du Solaire, nous repartons du local. Nous voulons montrer que les installateurs solaires sont fiers de leur métier ».
L’énergie photovoltaïque reste un investissement d’avenir

Richard Loyen - Enerplan
Pour l’association, ces journées sont aussi l’occasion de recenser les raisons de croire en l’avenir du photovoltaïque en France. Malgré le récent changement de ses règles du jeu, cette énergie conserverait ainsi une forte attractivité économique. « Avec l’augmentation du prix de l’électricité, les temps de retour sur investissement pour les installations photovoltaïques devraient s’accélérer dans les prochains mois » prédit Richard Loyen. Autre argument : la valorisation des logements et bâtiments dotés d’équipements solaires. Des biens dont la revente ou la location seraient plus faciles pour les propriétaires. Economiste pour l’EPIA (European Photovoltaic Industry Association), Gaëtan Masson complète ce tableau optimiste en évoquant l’imminence de la « parité réseau ». C’est-à-dire le moment où le coût de production de l’électricité photovoltaïque rejoindra le prix de l’électricité. « En prenant les hypothèses les plus restrictives, la France devrait atteindre cette parité en 2016 pour les installations résidentielles. ».
2012, année solaire ?
Derrière ces motifs d’espoirs, le marché photovoltaïque français reste néanmoins handicapé par sa petite taille et par des faiblesses structurelles. « Nous avons des procédures administratives qui sont lentes, une connexion au réseau qui n’est pas aisée et des décisions politiques changeantes regrette Richard Loyen. Sur le papier, il n’y pas de raison que l’électricité photovoltaïque soit plus cher en France qu’en Allemagne. » Pour inverser la tendance, Enerplan demande la mise en place d’une série de mesures d’urgence. Comme la transparence sur les installations en liste d’attente, l’augmentation du volume des projets de plus de 100 kW ou une simplification de la garantie financière imposées aux développeurs. Mais surtout le lancement d’une campagne de communication positive par le gouvernement. « Le solaire est une énergie fondamentalement bonne. Il faut le dire aux français, c’est très important ». Une bonne parole qu’Enerplan compte bien transmettre aux différents candidats à la présidentielle. Des porte-paroles de la filière devraient ainsi se rendre, à la rentrée, dans les universités d’été des différents partis. L’avenir de l’énergie solaire en France passera, aussi, par les isoloirs.
Les Journées Européennes du Solaire - 4ème édition
- Dates : du 9 au 15 mai
- Participants : 17 pays européens
- Manifestations : 1000 dans toute la France. Voir la carte
- Partenaires : Ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement, l’Ademe, Qualit’EnR, la Capeb et FFB GMPV
Sur le même thème : énergie solaire, énergies renouvelables, Enerplan, Marché, photovoltaïque













